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25/07/2008

LA VOIE DU SALUT

 
 86 - DIEU SE DONNE TOUT ENTIER À QUI SE DONNE À LUI TOUT ENTIER
 

 1. « J'aime ceux qui m'aiment » (Pr 8, 17).

 Le Seigneur aime tous ceux dont il est aimé; lui-même nous en donne l'assurance. Mais prétendre au don total de Dieu, alors que l'on ne donne soi-même au Créateur qu'une partie de son coeur, en réservant l'autre pour la créature, c'est vouloir une chose impossible. Sainte Thérèse en fit l'expérience. Elle avait conservé pour l'un de ses parents une affection, non pas impure, mais seulement désordonnée, naturelle. Elle dut en faire le sacrifice. Quand elle eut rompu cette dernière affection sensible, elle mérita d'entendre le Seigneur lui dire: « Maintenant que tu es toute à moi, je suis tout à toi. »

 Ah! Mon Dieu, quand viendra le jour où je me verrai tout à vous? Je vous en supplie, venez détruire en moi, par les flammes de votre amour, toutes les affections terrestres qui m'empêchent d'être entièrement à vous. Quand pourrai-je dire en toute vérité: « Mon Dieu, je ne veux que vous; vous seul, et rien de plus? »
 

 2. « Elle est unique ma colombe, ma parfaite » (Ct 6, 8). Quand une âme s'est donnée totalement à Dieu, Dieu l'aime d'un amour tellement ardent, qu'il semble n'en aimer aucune autre; aussi l'appelle-t-il sa « colombe unique ». Sainte Thérèse apparut, après sa mort, à l'une de ses religieuses: « L'amour de Dieu, lui révéla-t-elle, pour une âme constamment appliquée à l'oeuvre de sa perfection, dépasse celui qu'il a pour des milliers d'âmes en état de grâce sans doute, mais tièdes et imparfaites. » (François de Sainte Marie, Riforma dei Scalzi, liv. 7, ch. 30, n. 4, Bologne 1662, 249).

 Depuis combien d'années, mon Dieu, ne me pressez-vous pas de me donner entièrement à vous, et je ne fais que vous résister! Je vois s'approcher la mort: vais-je donc la laisser me frapper dans l'état misérable d'imperfection où j'ai vécu jusqu'ici? Non, mon Dieu, car je ne veux pas que la mort me trouve dans cette ingratitude invétérée. Vous-même, prêtez-moi toujours aide et protection; car je veux tout abandonner pour être tout à vous.
 

 3. Sous l'impulsion de l'amour qu'il nous porte, Jésus s'est donné tout entier à nous: « Oui, s'écrie saint Paul, Jésus Christ nous a tellement aimés, qu'il s'est livré pour nous » (Ep 5, 2). Ainsi notre Dieu se donne tout à nous, « tout entier, dit saint Jean Chrysostome, sans rien se réserver de lui-même. » (S. Jean Chrysostome, Homélie sur le Ps. 44, n. 11; PG 55, 200). Imaginez une donation de soi plus complète que celle de Jésus Christ dans sa Passion et dans la divine Eucharistie! Dès lors, n'est-il pas juste et souverainement raisonnable que nous nous donnions à ce grand Dieu totalement et sans la moindre réserve? Saint François de Sales ne pouvait s'empêcher d'écrire: « C'est peu d'un coeur pour aimer ce bon Rédempteur, qui nous a aimés au point de donner sa vie pour nous. » (S. François de Sales, Traité de l'amour de Dieu, liv. 7, ch. 8, AN 5, 35; RVP 664-667. Saint Alphonse résume par cette phrase la pensée de saint François de Sales contenue dans ce chapitre). Quelle ingratitude, donc, et quelle injustice de faire deux parts de notre coeur: l'une pour Dieu, l'autre pour les créatures, au lieu de le donner tout entier à Dieu!

 Ah! Faisons plutôt nôtre le cri d'amour de l'Épouse sacrée: « Il est à moi, mon Bien-aimé, je suis à lui » (Ct 2, 16). Vous vous êtes donné tout à moi, mon Dieu; je me donne en retour tout à vous. Je vous aime, ô mon souverain Bien, mon Dieu, mon Tout! Vous me voulez tout à vous, je veux être tout à vous.

 Ô Marie, ma Mère, faites que je n'aime que Dieu seul.
 

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