26/07/2008

LA VOIE DU SALUT

 
 87 - LE TEMPS DE LA MORT N'EST QUE TROUBLE ET CONFUSION
 

 1. « Vous aussi, soyez prêts, parce que, à l'heure que vous ne pensez pas, le Fils de l'homme viendra » (Lc 12, 40).

 Le Seigneur ne dit pas: « Aussitôt que la mort viendra, préparez-vous. » Il dit: « Soyez prêts », c'est-à-dire trouvez-vous prêts quand la mort viendra. De fait, qu'est-ce que le temps de la mort? Un temps de trouble; par conséquent, un temps où l'on est dans l'impossibilité de bien se préparer au jugement particulier et d'obtenir une sentence favorable. « Quand vous pouviez faire le bien, dit saint Augustin, vous n'avez pas voulu le faire, comme c'était votre devoir; il arrivera, par un juste châtiment de Dieu, que vous ne pourrez pas le faire quand on vous le voudrez. » (S. Augustin, Du libre arbitre, liv. 3, ch. 18, n. 52; PL 32, 1296; BA 6, 423).

 Non, mon Dieu, je ne veux pas attendre le temps de la mort pour changer de vie. Je déteste ma conduite passée, et je veux vous obéir. Que dois-je faire pour vous plaire, dites-le moi bien; car je suis résolu de rechercher votre bon plaisir en tout et sans réserve?
 

 2. « La nuit vient, pendant laquelle personne ne peut agir » (Jn 9, 4).

 Voilà bien ce qu'est en réalité le temps de la mort: une nuit, dans laquelle il est impossible de rien faire. « Votre maladie est mortelle », a-t-on dit au malade. L'impression qu'il ne parvient pas à dominer de la funeste nouvelle, les douleurs et les inquiétudes qui le tourmentent, sa pesanteur de tête et, surtout, ses remords de conscience, le jettent dans une telle détresse et un tel trouble, qu'il ne sait plus que devenir. Il voudrait bien trouver le moyen d'échapper à la damnation; mais ce moyen, il ne le trouvera pas. Pourquoi? Parce que le temps du châtiment est arrivé: « À moi, la vengeance et la rétribution, pour le temps où leur pied trébuchera » (Dt 32, 35).

 Mon Dieu, je vous remercie de m'accorder le temps nécessaire pour me convertir, maintenant que c'est le temps de la miséricorde et non du châtiment. Que je perde tout plutôt que votre grâce! Mon Bien suprême, je vous aime plus que tous les biens.
 

 3. Imaginez-vous que vous êtes en pleine mer, pendant la tempête, sur un vaisseau déjà brisé par les écueils et sur le point de sombrer. Vous avez beau réfléchir; aucun moyen d'échapper à la mort. Le désespoir ne s'empare-t-il pas de vous? Telle est la situation du pécheur que la mort trouve dans un mauvais état de conscience. Testament, parents, derniers sacrements, restitutions à faire, appels de Dieu méprisés, quelle tempête tout cela déchaîne dans l'âme du pauvre mourant! Allez donc débrouiller pareille conscience!

 Ah! Mon Dieu, qu'il ne soit pas inutile pour moi, le Sang que vous avez versé! Vous avez promis de pardonner à qui se repent. Je suis profondément affligé de toutes mes offenses. Je vous aime, Seigneur, je vous aime plus que toutes choses; je suis résolu de ne plus vous outrager. Comment, après tant de miséricordes que vous m'avez faites, pourrai-je penser à vous déplaire encore? Plutôt mourir, ô mon Dieu!

 Ô Marie, ma Mère, priez votre Fils de ne pas permettre que je l'offense encore.
 

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