03/08/2008

LA VOIE DU SALUT

 
 95 - JÉSUS PORTE LA PEINE DE NOS PÉCHÉS
 

 1. « Vraiment, c'était nos maladies qu'il portait, et nos douleurs dont il s'était chargé » (Es 53, 4).

 Ô sainte Foi, si vous ne nous en donniez l'assurance, qui pourrait croire ce prodige: l'homme commet le péché, et c'est le propre Fils de Dieu qui l'expie?

 Ainsi donc, ô mon Jésus, à moi la faute; à vous le châtiment de la faute! À moi le triste mérite de la mort éternelle de l'enfer; à vous, pour m'en délivrer, la condamnation à mourir sur une croix! En résumé, pour me pardonner, vous n'avez rien voulu pardonner à vous-même... et j'aurai l'abominable hardiesse de vous causer encore le moindre déplaisir! Non, mon bien-aimé Sauveur, je vous dois trop de reconnaissance; la reconnaissance m'oblige par trop à vous aimer. Me voici, je suis à vous. Qu'attendez-vous de moi? Daignez me le dire; car je veux accomplir en tout votre volonté.
 

 2. « Il a été transpercé à cause de nos iniquités, broyé à cause de nos crimes! » (Es 53, 5).

 Contemple, ô mon âme, dans le prétoire de Pilate, ton Dieu flagellé, couronné d'épines, couvert de plaies des pieds à la tête; de toutes ses chairs déchirées coulent des flots de Sang. Écoute-le te dire avec amour: « Ma fille, vois combien tu me coûtes! »

 Ah! Mon doux Rédempteur, que n'avez-vous pas souffert pour moi! En retour de tant d'amour, comment ai-je pu vous faire tant de peine? Pour ne pas me voir damné, vous avez enduré les pires douleurs, et moi j'ai souvent consenti, pour un rien, à vous perdre! Ah! Maudits plaisirs, je vous hais souverainement; car vous avez jeté mon Sauveur dans un océan de souffrances.
 

 3. Au souvenir des douleurs de Jésus, sainte Marguerite de Cortone ne pouvait s'empêcher de pleurer amèrement les péchés de sa vie passée: « Marguerite, lui dit un jour le confesseur, assez de larmes! Calmez-vous, Dieu vous a tout pardonné. »  ?  « Ah! Mon Père, répartit la sainte pécheresse, comment pourrais-je jamais cesser de pleurer mes péchés, sur lesquels Jésus Christ a pleuré toute sa vie? » (Sur ce sujet voir D. Thomissen, Vie de sainte Marguerite de Cortone, liv. 3, ch. 2, Bruxelles 1893, 260-263).

 Moi aussi, ô mon bien-aimé Jésus, j'ai, par mes péchés, rempli votre vie d'amertume. Sainte Marguerite a su pleurer ses fautes; elle a su vous aimer; mais moi, quand donc commencerai-je à pleurer vraiment les miennes, à vous aimer? Je me repens, ô Bien suprême, de vous avoir affligé. Je vous aime, ô mon Rédempteur, plus que moi-même. Je vous en supplie, attirez-vous tout mon coeur, embrasez-moi tout entier de votre saint amour; ne permettez pas que je paie plus longtemps d'ingratitude le grand nombre de vos bienfaits.

 Ô Marie, vous pouvez par vos prières m'élever à la sainteté: faites-le par amour pour Jésus Christ.
 

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