16/05/2008
LA VOIE DU SALUT
1. Quand Dieu vit les hommes, tous à jamais perdus pour leurs péchés, son coeur voulut user de miséricorde envers eux; mais aussitôt la divine justice revendiqua ses droits, une satisfaction proportionnée. Parmi les créatures, personne qui pût la fournir.
Que fit alors le Seigneur notre Dieu?
Il envoya sur la terre son Fils se faire homme et prendre sur lui le fardeau de nos péchés: « Le Seigneur, dit le prophète, a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous » (Es 53, 6). Il le chargea de payer notre dette. Ainsi, la divine justice fut satisfaite, et les hommes, sauvés.
Ô Dieu éternel, pour nous inspirer une grande confiance en votre miséricorde et nous attirer puissamment à votre amour, pouvez-vous faire plus que de nous donner votre propre Fils? Après un tel bienfait, comment ai-je pu me rendre coupable de tant d'injures? Ah! Seigneur, par amour pour votre divin Fils, ayez pitié de moi. Je suis plus affligé de vous avoir offensé que de tous les autres maux. Mais, si je vous ai beaucoup offensé, désormais je vous aimerai beaucoup. Donnez-moi la force de tenir ma résolution.
2. Dieu le Père « a fait retomber sur son Fils l'iniquité de nous tous ». Va-t-il se contenter de n'importe quelle satisfaction?
Sans doute, toute satisfaction, même la plus minime, suffisait de la part du Verbe divin, pour expier tous nos péchés. Mais la prédiction d'Isaïe doit s'accomplir: « Le Seigneur a voulu le broyer par la souffrance » (Es 53, 10). Fouets, épines, clous, autres supplices, il faut que Jésus Christ endure tout, jusqu'à ce que, brisé, anéanti même par l'excès de tourments, il meure enfin de douleur sur un infâme gibet.
Ah! Seigneur, si la foi ne nous en donnait la certitude, qui pourrait croire que vous avez poussé votre amour pour nous à cet excès? Ô Dieu, ô Seigneur infiniment aimable, ne permettez pas que nous soyons plus longtemps ingrats envers vous. Éclairez-nous, donnez-nous la force de répondre désormais à cet excès d'amour. Accordez-nous cette grâce: je la demande au nom de votre amour pour ce Fils bien-aimé que vous nous avez donné.
3. Le Père Éternel a manifesté sa volonté. Pour nous pardonner nos péchés, il exige que son propre Fils endure les plus épouvantables tourments. Que fait le Fils de Dieu? Tout humilié, tout obéissance envers son Père et tout amour pour nous, il choisit de mener sur la terre une vie de continuelles souffrances et de mourir dans un océan de douleurs, lui, l'innocence même. « Il s'est abaissé lui-même, dit l'Apôtre, se faisant obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix » (Ph 2, 8).
Ah! Mon bien-aimé Sauveur, permettez que je vous dise, comme autrefois le roi pénitent Ézéchias: « Vous avez retiré mon âme de la fosse de perdition; vous avez jeté derrière votre dos tous mes péchés » (Es 38, 17). Déjà, par mes péchés, j'avais condamné mon âme à brûler éternellement en enfer; mais vous m'avez tiré de l'abîme, vous m'avez pardonné, j'en ai la douce confiance. J'ai misérablement offensé votre divine Majesté; mais vous vous êtes chargé de mes péchés et vous les avez expiés à ma place. Après cet excès d'amour, quelles peines seraient capables de me châtier dignement, si je recommençais à vous offenser, si je ne vous aimais pas de tout mon coeur? Mon bien-aimé Jésus, unique amour de mon âme, je me repens souverainement de vous avoir outragé. Je me donne à vous tout entier et sans réserve; daignez m'accepter et ne permettez pas que je vous perde encore.
Sainte Vierge Marie, ô ma Mère, priez votre divin Fils d'accepter le don que je lui fais de moi-même; demandez-lui de le rendre parfait.
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15/05/2008
LA VOIE DU SALUT
1. Jésus est médiateur de justice; Marie est médiatrice de grâce.
D'après saint Bernard, saint Bonaventure, saint Bernadin de Sienne, saint Germain, saint Antonin et beaucoup d'autres (S. Bernard, Avent, Sermon 2, n. 5; PL 183, 43; TZ 51. -- S. Bonaventure, Évangile de Luc, ch. 1, n. 38, Vivès tome 10, 234. -- S. Bernardin de Sienne, Sermon 52 De salutatione angelica, a. 1, ch. 2. Opera omnia, tome 2, Quaracchi 1950, 157. -- S. Germain, Hommage à la demeure de la BMV; PG 98, 379. --S. Antonin, Summa theologica, tome 4, Verone 1740, 1061), voici le plan, la volonté formelle de Dieu:
Toutes les grâces qu'il accordera jamais aux hommes, toutes sans exception, passeront par les mains de Marie.
Aux yeux de Dieu, les prières des saints sont des prières d'amis; mais les prières de Marie sont des prières de mère. Heureux ceux qui recourent toujours avec confiance à cette divine Mère! Ce recours perpétuel, voilà de toutes nos dévotions, celle qui lui plaît le plus. Redisons sans cesse: « Ô Marie, priez Jésus pour moi ».
2. De même que Jésus est tout-puissant par nature, ainsi Marie est toute-puissante par grâce; aussi, tout ce qu'elle demande, elle l'obtient.
« Quand Marie réclame de son divin Fils une faveur pour ses clients, impossible, écrit saint Antonin, impossible qu'elle ne l'obtienne pas! » (S. Antonin, Ibid., 1029). Car Jésus se fait un bonheur d'honorer sa Mère en exauçant toutes les prières qu'elle lui adresse. De là, cette exhortation de saint Bernard: « Cherchons la grâce, et cherchons-la par Marie; car Elle est Mère, Elle ne peut essuyer un refus » (S. Bernard, Nativité de Marie, n. 8; PL 183, 441; TZ 704). Avons-nous à coeur notre salut? Implorons sans cesse Marie, afin qu'elle prie pour nous; car ses prières sont toujours exaucées.
Ô Marie de miséricorde, ayez pitié de moi. Vous vous glorifiez d'être l'Avocate des pécheurs: venez au secours d'un pécheur qui met en vous toute sa confiance.
3. Ne craignons pas que Marie refuse de nous écouter, quand nous la prions.
Pourquoi se réjouit-elle de son tout-puissant crédit auprès de Dieu? Précisément parce qu'elle peut nous obtenir toutes les grâces que nous désirons. Demander une grâce à Marie, c'est l'obtenir. Sommes-nous indignes d'être exaucés? Marie nous rend dignes de l'être, par sa puissante intercession. C'est uniquement afin de pouvoir nous sauver qu'Elle désire avec tant d'ardeur être priée par nous. Quel pécheur s'est jamais perdu, s'il a prié Marie, Refuge des pécheurs, avec confiance et persévérance! Celui-là se perd, qui ne recourt pas à Marie.
Ô Marie, ma Mère et mon Espérance, je me réfugie sous le manteau de votre protection; ne me repoussez pas, comme je le mérite. Regardez ma misère, ayez pitié de moi. Obtenez-moi le pardon de mes péchés; obtenez-moi la sainte persévérance, l'amour de Dieu, une bonne mort, le paradis. J'espère tout de vous, parce que vous êtes toute-puissante auprès de Dieu. Faites de moi un saint, puisque vous le pouvez. C'est sur vous que je compte, ô Marie; c'est en vous que je place toutes mes espérances.
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14/05/2008
LA VOIE DU SALUT
1. Le damné est tourmenté dans sa mémoire. Plongé dans un abîme de souffrances, l'infortuné voit sans cesse, pour son plus grand tourment, sans que rien puisse jamais l'en distraire, les années qui lui furent accordées sur la terre pour faire le bien et réparer ses fautes. « Mais, hélas! Est-il obligé de se dire, de toute évidence, ma situation est sans espoir, irrémédiable. Tant de lumières reçues de Dieu, tant d'invitations pleines d'amour, tant d'offres de pardon, j'ai tout méprisé! Tout est fini pour moi, je le constate. Que me reste-il? Une seule chose, souffrir et désespérer durant toute l'éternité. »
Ah! Mon Jésus, votre Sang et votre Mort sont mon espérance. Je vous en conjure; ne permettez pas que j'aille en enfer maudire les grâces mêmes dont vous m'avez comblé.
2. Le damné est tourmenté dans son intelligence. La cause de ce tourment, c'est la continuelle pensée de ce beau ciel qu'il a volontairement perdu.
L'immense félicité dont les Bienheureux jouissent dans cette patrie de délices, il l'aura sans cesse devant les yeux, il ne pourra l'écarter; ce bonheur ineffable, lui rendra plus douloureux le supplice qu'il endure et doit endurer éternellement dans la prison du désespoir.
Ainsi donc, ô mon Rédempteur, si j'étais mort l'un de ces tristes jours où je vivais dans le péché, je n'aurais plus aucun espoir de vous posséder en paradis! Vous avez donné votre vie pour m'obtenir le ciel; moi, pour un rien, je l'ai perdu, j'ai perdu votre grâce! Seigneur, je vous aime; je me repens de vous avoir offensé; j'espère par les mérites de votre Passion aller vous aimer éternellement en Paradis.
3. Le damné est tourmenté plus cruellement encore dans sa volonté. Il se voit privé de tous les biens qu'il désire, en prise à tous les maux qu'il abhorre.
Ainsi le malheureux n'a jamais rien de ce qu'il veut, il a toujours ce qu'il ne veut pas. Sans cesse il tente de s'élancer hors de sa prison et de goûter un peu de repos. Vains efforts! Jamais il n'aura de repos; les supplices de l'enfer le retiennent et l'accablent éternellement.
Plus que tout le reste, sa volonté le torture. Dieu est le souverain Bien, il mérite un amour infini. Le damné le sait; mais la perversité de sa volonté l'oblige à la haine de l'être infiniment aimable!
Oui, mon Dieu, vous êtes un bien infini, digne d'un amour infini; moi, je vous ai sacrifié pour des riens! Que ne suis-je mort avant de vous avoir fait pareille injure! Je vous aime, ô mon Bien suprême. Ayez pitié de moi, ne permettez pas que je continue d'être ingrat. Loin de moi tous les plaisirs de la terre! J'y renonce, je vous choisis pour mon Unique Bien. Me voici tout à vous et pour toujours. Vous serez donc toujours à moi. C'est mon espérance, ô mon Dieu, mon Amour, mon Tout. « Deus meus, et omnia » (C. Chalippe, Vie de saint François d'Assise, nouvelle édition, tome 2; Avignon 1824, 260: « Voici une autre (prière) qu'il disait tous les jours: Mon Dieu et mon tout... Je voudrais vous aimer, Seigneur très saint, je voudrais vous aimer...).
Ô Marie, vous pouvez tout auprès de Dieu, rendez-moi saint.
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13/05/2008
LA VOIE DU SALUT
AVANT L'ÉCHÉANCE DU JOUR DES COMPTES
1. « Soyez prêts; car le Fils de l'homme, à l'heure que vous ne pensez pas, viendra vous juger » (Lc 12, 40).
Le temps de la mort n'est pas le temps favorable pour se préparer à bien mourir. Pour bien mourir et mourir en paix, il faut être prêt à mourir avant que la mort arrive.
À la mort, il n'est plus temps de déraciner les mauvaises habitudes, d'arracher du coeur les passions qui le dominent, d'éteindre l'affection aux biens de la terre. « La nuit vient pendant laquelle personne ne peut agir » (Jn 9, 4). À la mort, il fait nuit; on ne voit plus rien; aussi n'est-on plus capable de rien faire. Endurcissement du coeur, aveuglement et confusion de l'esprit, terreurs de la mort et du jugement, désirs de guérison, tout contribue à mettre ce moribond dans l'impossibilité de remédier au désordre d'une conscience chargée de péchés. Ce qui est fait, est fait. Si l'on arrive au lit de mort en état de grâce, on mourra dans la grâce de Dieu; mais si l'on se trouve alors en état de péché, c'est en état de péché qu'on mourra.
Ô Plaies sacrées de mon Rédempteur, je vous adore, je vous baise et j'espère en vous.
2. Jetons un regard attentif sur les saints: ils font de leur vie entière une préparation à la mort. Pénitences, oraisons, bonnes oeuvres, n'ont pas d'autre but; pourtant, arrivés au moment suprême, ils croient avoir fait bien peu. Quelles ne sont pas alors leurs craintes!
Quand on avertit de sa fin prochaine le vénérable Jean d'Avila, il ne put, malgré la sainte vie qu'il avait menée depuis sa jeunesse, s'empêcher de dire: « Que n'ai-je encore un peu de temps pour me préparer à la mort! » (Louis de Grenade, Vie du Vénérable Jean d'Avila, ch. 7, dans Oeuvres complètes, trad. Abbé Bareille, tome 18, Paris 1866, 643). Nous, que dirons-nous, quand on nous annoncera cette terrible nouvelle?
Non, mon Dieu! Je ne veux pas mourir dans cet état d'anxiété et d'ingratitude où la mort me surprendrait, si j'expirais à l'instant. Je veux changer de vie; je veux pleurer.
Je veux pleurer toutes les offenses que je vous ai faites; je veux vous aimer de tout mon coeur. Seigneur, aidez-moi; faites qu'avant de mourir je fasse quelque chose pour vous, mon Dieu, qui êtes mort pour moi.
3. « Le temps est court » (1 Co 7, 29). (S. Paul utilise ici un terme technique de la navigation. Littéralement: « Le temps a cargué ses voiles »). Tel est l'avertissement que nous donne l'Apôtre: il est si court, le temps qui nous reste pour préparer nos comptes!
Aussi l'Esprit Saint nous dit-il: « Tout ce que peut faire ta main, hâte-toi de le faire » (Ecclésiaste 9, 10). Mon frère, ce que vous pouvez faire aujourd'hui, ne le remettez pas à demain; car le jour présent passe, demain vous apportera peut-être la mort qui viendra vous lier les mains et vous rendre incapable non seulement de faire aucun bien, mais de réparer le mal commis. Malheur à nous, si la mort nous trouve encore attachés au monde!
Mon bien-aimé Seigneur, que d'années j'ai passées loin de vous! Comment avez-vous eu la patience de m'attendre si longtemps et de m'appeler si souvent à la pénitence? Je vous en remercie, ô mon Sauveur, j'espère vous en remercier éternellement dans le ciel: « Éternellement, je chanterai les miséricordes de Dieu » (Ps 89/88, 2). Par le passé, je ne vous ai pas aimé, je me suis peu soucié d'être aimé de vous; maintenant, je vous aime de tout mon coeur, je vous aime plus que toute chose, plus que moi-même; je n'ai pas d'autre désir que d'être aimé de vous. Quand je pense que j'ai méprisé votre amour, je voudrais mourir de douleur. Mon Jésus, donnez-moi la sainte persévérance.
Ô Marie, ma Mère, obtenez-moi d'être fidèle à Dieu.
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12/05/2008
LA VOIE DU SALUT
1. « Il est arrêté que les hommes meurent une fois; après quoi vient le jugement » (He 9, 27).
Premier article de foi: C'est aussitôt après notre mort que nous serons jugés sur toutes les actions de notre vie.
Second article de foi: De ce jugement dépendra notre salut éternel ou notre perte éternelle. (Concile de Lyon II, session IV, Denzinger-Schonmetzer, Enchiridion Symbolorum, Fribourg 1976, n. 856-859).
Figurez-vous donc, que vous êtes à l'agonie, qu'il ne vous reste qu'un souffle de vie. Réfléchissez que vous êtes sur le point de comparaître devant Jésus Christ pour rendre compte de toutes vos oeuvres: qu'alors, malheureux, rien ne vous causera plus de frayeurs que la vue des péchés commis.
Ah! Mon divin Rédempteur, pardonnez-moi, avant que vous veniez me juger. Plus d'une fois, je le sais, j'ai mérité la sentence de mort éternelle; pourtant, je ne veux pas paraître devant vous en coupable, mais en pécheur repentant et absous. Je me repens, ô mon souverain Bien, de vous avoir offensé.
2. Ô ciel! Quelle épouvante saisit l'âme qui trouve en Jésus Christ, la première fois qu'elle le voit, un Juge et un Juge irrité!
Au même instant, elle voit tout ce que Jésus Christ souffrit par amour pour elle; elle voit avec quelle immense miséricorde il la traita toujours, quels grands moyens de salut il lui mit entre les mains; elle voit la magnificence des biens éternels, la bassesse des plaisirs mondains qu'elle préféra cependant. Elle voit, elle comprend, mais inutilement, il est trop tard pour réparer ses fautes; ce qui est fait, est fait à jamais. Au moins pourra-t-elle jeter dans la balance noblesse, richesses, dignités? Non. Rien n'y est admis, rien ne pèse que ses oeuvres.
Ah! Mon Jésus! Faites qu'en ce jour où je vous verrai pour la première fois, je vous trouve apaisé, et, pour cela, faites que j'emploie le reste de ma vie à déplorer l'injure que je vous ai faite en vous tournant le dos pour satisfaire mes passions. Non, je ne veux plus allumer votre juste colère contre moi; je vous aime et je veux vous aimer toujours.
3. Voyez, sur le lit de mort, l'un de ces chrétiens qui vivent loin du monde pour se donner à Dieu, qui refusent à leurs sens les plaisirs défendus. Si, quelquefois, il est tombé, il a fait une sincère pénitence. Quel bonheur ne goûte-t-il pas!
Par contre, quelle n'est pas la douleur de ce pauvre chrétien qui, toujours retombé dans les mêmes péchés, se voit réduit sur son lit de mort à se dire: « Dans quelques instants, je paraîtrai certainement devant Jésus Christ, mon Juge, et je n'ai pas encore changé de vie! Tant de fois j'ai promis de me convertir, jamais je n'ai tenu parole! Quel sera mon sort dans un bref délai? »
Je vous remercie, ô Jésus, mon Juge, de votre patience à m'attendre si longtemps. Combien de fois n'ai-je pas écrit moi-même ma condamnation à l'enfer! Mais vous ne m'avez attendu que pour me pardonner. Ne me repoussez pas, maintenant que je suis à vos pieds. Par les mérites de votre Passion, faites-moi grâce et miséricorde. Ô Souverain Bien, je me repens de vous avoir méprisé; je vous aime plus que toute chose. Dieu de mon coeur, je ne veux plus jamais me séparer de vous!
Ô Marie, recommandez-moi à Jésus, votre Fils, et ne m'abandonnez pas.
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11/05/2008
LA VOIE DU SALUT
1. Ni le feu, ni les ténèbres, ni l'infection, ni aucun autre des tourments réunis dans l'enfer, ? cette prison des désespérés, ? en constituent la plus grande peine: ce qui fait proprement l'enfer, c'est la peine du dam, ou la douleur d'avoir perdu Dieu.
L'âme est créée pour vivre éternellement unie à Dieu et jouir de la vue de son infinie beauté. Dieu est sa fin dernière et son unique bien. Aussi, sans Dieu, toutes les autres jouissances, tous les biens du ciel et de la terre sont-ils incapables de la contenter; par contre, si le damné possédait Dieu et l'aimait dans l'enfer, il trouverait le ciel dans ce séjour de tous les supplices. Mais sa grande peine, celle qui le rendra pour toujours malheureux, sans mesure, ce sera de se voir éternellement privé de Dieu, sans espérance de pouvoir jamais le contempler ni l'aimer.
Ô Jésus, mon Rédempteur, transpercé pour moi sur la Croix, vous êtes mon Espérance.
Ah! Que ne suis-je mort plutôt que de vous avoir jamais offensé!
2. Créée pour Dieu, l'âme tend, par un instinct naturel, à s'unir à son Bien suprême, Dieu; mais elle est unie au corps. S'engage-t-elle dans le bourbier du vice? Le charme séducteur des choses sensibles l'enveloppe de ténèbres épaisses qui lui dérobent la vraie lumière: elle perd peu à peu la connaissance de Dieu, elle perd même le désir de s'unir à lui. Vienne le jour où, sortie du corps et dégagée des objets sensibles, elle voit que Dieu seul est le bien capable de la rendre heureuse: aussitôt, elle est emportée vers lui par l'irrésistible élan de sa nature; elle veut l'étreindre, le posséder.
Mais la mort l'a surprise en état de péché mortel. Ce péché, pareil à une lourde chaîne, ne l'empêche pas seulement de monter; il l'entraîne vers l'enfer, pour y demeurer à jamais éloignée, à jamais séparée de Dieu. Au fond de l'abîme éternel, elle sait combien Dieu est beau, mais elle ne pourra jamais le voir. Elle sait combien il est aimable, mais elle ne pourra jamais l'aimer. Que dis-je? Sous le poids accablant de son péché, elle devra le haïr toujours. L'enfer de son enfer, ce sera de comprendre qu'elle hait un Dieu souverainement digne d'être aimé. Si c'était possible, avec quelle joie elle s'anéantirait elle-même, dans son dépit de devoir haïr un Dieu tout aimable! Telle sera l'occupation éternelle de cette infortunée.
Seigneur, ayez pitié de moi.
3. Ce n'est pas assez de cet épouvantable supplice: la reconnaissance de toutes les grâces dont Dieu la combla, l'amour qu'il lui témoigna, l'accroissent encore immensément. L'âme damnée sait surtout combien Jésus Christ l'aima, combien il désirait la sauver, alors qu'il donnait pour elle son sang et sa vie. « Quelle noire ingratitude fut la mienne, se dira-t-elle, pour me procurer de viles satisfactions, j'ai délibérément perdu Dieu, mon souverain Bien! Et je vois clairement que je l'ai perdu sans espoir de le recouvrer jamais! »
Ô mon Dieu, si j'étais en enfer, je ne pourrais plus ni vous aimer ni me repentir de mes péchés. Maintenant, donc, que je puis encore me repentir et vous aimer, je me repens de toute mon âme de vous avoir offensé et je vous aime plus que toute chose. Vous même, Seigneur, mon Dieu, rappelez-moi toujours que j'ai mérité l'enfer, afin que, toujours, je vous aime plus ardemment.
Ô Marie, Refuge des pécheurs, ne m'abandonnez pas.
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10/05/2008
LA VOIE DU SALUT
1. Voici la déclaration et la plainte expresse de Dieu lui-même: « J'ai nourri des fils et je les ai élevés; mais eux m'ont méprisé » (Es 1, 2).
Ils l'ont méprisé avec une cruelle ingratitude.
Quel est donc ce Dieu que les hommes ont l'audace de mépriser?
C'est le Créateur du ciel et de la terre, c'est un Bien infini, ? c'est un Seigneur tellement grand qu'auprès de lui les Anges et les hommes ne sont plus qu'une goutte d'eau, un grain de poussière (Es 40, 15). Et même, ? continue le prophète Isaïe, ? toutes les créatures réunies, « toutes les nations sont devant l'infinie Majesté de Dieu un pur néant » (Es 40, 15).
Voici à vos pieds, ô mon Dieu, le téméraire qui, tant de fois, osa vous mépriser, vous, Majesté infinie. Mais votre miséricorde n'est pas moins infinie que votre Majesté. Je vous aime, Seigneur, et parce que je vous aime, je me repens de vous avoir offensé; ayant pitié de moi.
2. Qui suis-je, ô mon Dieu, moi qui vous ai méprisé? Un pauvre ver de terre, qui ne peut rien et qui tient de votre bonté tout ce qu'il a. Âme, corps, usage de la raison, avantages temporels, tout m'est venu de votre libéralité, et je me suis servi de tout pour vous offenser, vous, mon Bienfaiteur. Bien plus, dans le temps même où vous me conserviez la vie pour m'empêcher de tomber dans l'enfer trop mérité, je me suis obstiné dans ma révolte.
Ah! Mon Sauveur, comment avez-vous eu tant de patience avec moi? Malheureux, que de nuits j'ai passées dans votre disgrâce! Mais vous ne voulez pas que je désespère. Mon Jésus, j'attends de votre Passion la force de changer de vie. Non, qu'il ne soit pas perdu pour moi, ce Sang que vous avez répandu pour mon amour avec tant de douleur!
3. Ô mon Dieu, qu'ai-je fait? Vous, ô mon Rédempteur, vous avez tant estimé mon âme, que, pour ne pas la voir à jamais perdue, vous avez donné tout votre Sang; moi, au contraire, méprisant votre grâce et votre amour, je l'ai sacrifiée pour un rien, un caprice, une vengeance, un misérable plaisir. En vérité, si la foi ne m'enseignait que vous avez promis de pardonner au pécheur repentant, je n'oserais pas vous demander pardon.
Je baise donc vos plaies sacrées, ô mon Sauveur; au nom de ces mêmes plaies, je vous supplie d'oublier les injures que je vous ai faites. « Si le pécheur fait pénitence, avez-vous dit, je ne me souviendrai plus d'aucune de ses iniquités » (Ez 18, 21-22). Je suis affligé plus que de tout autre mal de vous avoir offensé, ô Bien suprême! Pardonnez-moi selon votre promesse, pardonnez sans retard. Car à présent je vous aime plus que moi-même; je ne veux plus me voir dans votre disgrâce.
Ô Marie, Refuge des pécheurs, secourez un pécheur qui se recommande à vous.
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09/05/2008
LA VOIE DU SALUT
1. Qu'est-ce que le bonheur dont on peut jouir ici-bas? « Il est semblable, répond le roi David, au songe de celui qui se réveille » (Ps 73, 20).
A l'heure de la mort, toutes les grandeurs et toutes les gloires de ce monde ne sont plus pour les pauvres mondains que comme ces vaines entrevues dans un rêve: au réveil, le songe s'évanouit; avec lui s'évanouit aussi la brillante fortune que l'on croyait posséder. Il avait donc bien raison cet homme, qui, dans son désenchantement, écrivit sur une tête de mort ces simples mots: « Cogitanti vilescunt omnia: Aux yeux de celui qui pense à la mort, toutes choses perdent leur valeur. » Comment, en effet, considérés à la lumière de la mort, plaisirs et richesses n'apparaîtraient-ils pas dans leur insignifiante réalité, c'est-à-dire, vils et passagers? Comment, dès lors, s'attacher à des choses qu'on sait devoir quitter bientôt?
Que de fois, ô mon Dieu, j'ai méprisé votre grâce pour les misérables biens de la terre! Désormais je veux penser uniquement à vous servir, à vous aimer. Prêtez-moi toujours aide et assistance.
2. « Voilà donc où viennent aboutir les grandeurs et les plus hautes dignités de ce monde! » (P. Suau, S. J., Histoire de saint François de Borgia, Paris, 1910, 62 ss. L'auteur souligne l'impression profonde que fit le cadavre de la Reine sur François de Borgia, accentuant encore son besoin de réformer sa vie, mais il n'eut à cet instant aucune attitude théâtrale. S. Alphonse se fait ici l'écho de la légende et des articles qui ont décrit François de Borgia bouleversé et prononçant des paroles telles que celles rapportées dans cette méditation).
Telles furent les paroles qui s'échappèrent des lèvres de saint François de Borgia, à la vue du cadavre de la reine Isabelle, morte à la fleur de l'âge. Absorbé par cette pensée, il prit bientôt la résolution de quitter le monde pour se donner tout à Dieu. « Je veux, se disait-il, servir un maître qui ne puisse plus me faire défaut. »
Il faut se détacher des choses de la terre, avant que la mort vienne nous les arracher. Quelle folie de perdre notre âme, en nous attachant à des biens dont il faudra sous peu nous séparer! Car, un jour, il nous sera dit: « Maintenant tu peux quitter ce monde, âme chrétienne. Quitte-le ». (Rituel: Sacrement pour les malades 1977, 95. La Recommandation du mourant).
Mon Jésus, que ne vous ai-je toujours aimé! De toutes les offenses que je vous ai faites, quel gain me reste-t-il? Dites-moi ce que je dois faire pour réparer ma vie passée si déréglée; je veux vous obéir en tout. Admettez à l'honneur de vous aimer un pécheur repentant qui vous aime plus que lui-même et vous demande miséricorde.
3. Pensez-y: vous n'êtes pas en ce monde pour y rester toujours. Le pays où vous vivez, il faudra le quitter. Cette maison que vous habitez, il faudra que vous en sortiez pour n'y plus rentrer. Cette chambre où vous lisez ce livre, beaucoup d'autres, vos ancêtres, vos parents, l'ont occupée avant vous; ce lit, ils y ont dormi. Maintenant, où sont-ils? Dans l'Éternité. Vous aussi, vous serez, un jour, dans l'Éternité.
Mon Dieu, faites-moi comprendre la gravité de l'injure que je vous ai faite en vous tournant le dos, à vous, le Bien infini; pénétrez-moi de douleur pour pleurer, comme je le dois, mon ingratitude. Ah! Que ne suis-je mort avant de vous offenser pour la première fois! De grâce, ne me laissez pas vivre plus longtemps sans répondre à l'amour que vous m'avez porté. Je vous aime plus que toute chose, ô mon bien-aimé Rédempteur, je veux vous aimer de toutes mes forces jusqu'à ma mort. Venez pour votre grâce au secours de ma faiblesse.
Ô Marie, Mère de Dieu, aidez-moi de vos prières.
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08/05/2008
LA VOIE DU SALUT
1. Pour tromper l'homme et le perdre éternellement, le démon emploie sans cesse deux ruses.
Après le péché, il le pousse au désespoir en lui mettant sous les yeux la divine justice avec toutes ses rigueurs.
Avant le péché, et pour l'y faire tomber, il excite dans son coeur une confiance excessive en la divine miséricorde. Cette seconde ruse lui réussit mieux que la première, et l'espoir du pardon perd beaucoup plus d'âmes que la crainte du jugement.
« Dieu est miséricordieux », telle est la réponse habituelle des pécheurs obstinés, quand on les presse de se convertir. Sans doute, Dieu est miséricordieux; mais il faut remarquer ce que dit la Sainte Vierge dans son cantique: « La miséricorde s'étende sur ceux qui le craignent » (Lc 1, 50); en d'autres termes, le Seigneur use de miséricorde envers ceux qui craignent de l'offenser, mais non pas envers ceux qui comptent sur sa miséricorde pour l'offenser davantage.
Seigneur, je vous remercie de la lumière que vous m'accordez en ce moment: vous me faites connaître votre longue patience à supporter mes égarements. Hélas! Je suis un de ces malheureux qui se sont prévalus de votre bonté pour multiplier leurs offenses.
2. « Dieu est miséricordieux. » Assurément, mais il est juste aussi. Les pécheurs voudraient que Dieu se contentât d'exercer la miséricorde sans jamais sévir.
Or, pardonner toujours et ne punir jamais, Dieu ne le peut pas; c'en serait fait de sa justice. « Si Dieu tolérait indéfiniment les pécheurs présomptueux qui s'appuyent sur sa miséricorde, ? disait le vénérable Jean d'Avila, ? il attenterait à sa justice » (Jean d'Avila, Oeuvres très complètes de sainte Thérèse, liv. 3, lettre 21, tome 4, Paris, 1845, 119). Il est obligé de châtier les ingrats. Il les supporte quelque temps, mais il finit toujours par les livrer aux rigueurs de sa colère.
Mon bien-aimé Seigneur, je vois que vous ne m'avez pas frappé comme je l'ai mérité; si vous l'aviez fait, à cette heure, je gémirais en enfer, ou, tout au moins, abandonné de vous, je m'obstinerais dans le mal. Je veux, au contraire, me convertir, je ne veux plus vous offenser; je déteste de tout mon coeur les offenses dont je me suis rendu coupable envers vous. Désormais, je veux vous aimer; même je veux surpasser tous les autres en amour, puisque votre patience à mon égard a surpassé votre patience à l'égard de tous les autres.
3. « On ne se moque pas de Dieu » (Ga 6, 7), dit l'Apôtre. N'est-ce pas se moquer de Dieu, que de vouloir l'offenser sans fin en cette vie, avec la prétention d'aller jouir de lui pendant l'Éternité?
« Ce que l'homme aura semé, dit encore l'Apôtre, c'est cela qu'il recueillera » (Ga 6, 8). Celui qui sème de bonnes oeuvres, recueillera des récompenses; celui qui sème des péchés, ne moissonnera que des châtiments.
Elle est en horreur aux yeux de Dieu, l'espérance de ceux qui pèchent parce que le Seigneur est enclin à pardonner: « Leur espérance, dit Job, est une chose détestable » (Jb 11, 20). Aussi n'a-t-elle d'autre résultat que d'attirer plus tôt sur eux l'exécution de ses menaces: est-ce qu'un roi tarde à frapper des sujets qui s'autorisent de sa bonté pour continuer à l'outrager?
Mon Jésus, je n'ai que trop imité ces sujets rebelles. Oui, parce que je vous savais très miséricordieux, j'ai fait peu de cas de vos commandements. Je confesse mon ingratitude et je déteste toutes mes offenses. Maintenant je vous aime plus que moi-même; je ne veux plus vous causer le moindre déplaisir. Quel malheur pour moi, si je venais encore à vous offenser par le péché mortel! Mon Dieu, ne le permettez pas, faites-moi plutôt mourir.
Ô Marie, vous êtes la Mère de la persévérance, aidez-moi.
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07/05/2008
LA VOIE DU SALUT
1. Est-il possible de croire que le Créateur ait voulu mourir pour les hommes, ses créatures? La Foi nous l'enseigne. Il est nécessaire de le croire. Voici l'article de foi que nous impose le concile de Nicée: « Je crois en un seul Seigneur Jésus Christ, le Fils unique de Dieu... Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel... Crucifié pour nous... il souffrit sa passion et fut mis au tombeau » (Concile de Nicée I, Le Symbole de Nicée; Denzinger-Schonmetzer, Fribourg 1976, n. 125).
S'il est vrai, ô Dieu, comme on n'en peut douter, que vous êtes mort par amour pour les hommes, pourra-t-on, parmi les hommes, en rencontrer un seul qui croie ce prodige d'amour et ne vous aime pas? Hélas! Combien grand le nombre des ingrats, et moi-même je suis l'un d'eux! Non seulement je ne vous ai pas aimé; mais que de fois, pour me procurer de misérables jouissances, des plaisirs empoisonnés, n'ai-je pas sacrifié votre grâce et votre amour!
2. Ainsi donc, ô mon Seigneur et mon Dieu, vous êtes mort pour moi, je le savais, comment ai-je pu tant de fois vous méconnaître et vous tourner le dos? Mais ô mon Sauveur, vous êtes descendu du ciel sur la terre pour nous tirer de l'abîme: « Le fils de l'homme, disiez-vous, est venu sauver ce qui était perdu » (Lc 19, 10). Mon ingratitude ne peut donc me faire désespérer du pardon.
Oui, mon Jésus, j'espère que vous me pardonnerez toutes les injures que je vous ai faites, et que vous me les pardonnerez précisément à cause de votre mort endurée pour moi sur le Calvaire. Que ne puis-je mourir de douleur et d'amour, chaque fois que je me rappelle mes offenses contre vous et votre amour pour moi! Dites-moi vous-même, Seigneur, ce que je dois faire à l'avenir pour réparer une si noire ingratitude. Faites-moi ressouvenir toujours de la mort amère que vous avez subie pour moi, afin que je vous aime et ne vous offense plus jamais.
3. Un Dieu est donc mort pour moi, et moi, je pourrais aimer autre chose que ce Dieu? Non, ô mon Jésus, cela ne sera pas: vous êtes l'unique objet de mon amour, je le veux; vous m'avez trop aimé. Vous ne pouvez rien faire de plus pour me contraindre à vous aimer. Par mes péchés, je vous ai mis dans l'obligation de me chasser loin de vous. Je vois cependant que vous ne m'avez pas encore abandonné, je vois que vous me regardez encore d'un oeil bienveillant; je sens que vous continuez de m'appeler à votre amour. Je ne veux pas résister davantage. Je vous aime, ô mon souverain Bien; je vous aime, ô mon Dieu, digne d'un amour infini; je vous aime, ô mon Dieu, mort pour moi. Je vous aime; mais je vous aime trop peu, donnez-moi plus d'amour. Faites que j'abandonne tout, que j'oublie tout, pour n'avoir plus qu'une occupation: vous aimer, vous faire plaisir, ô mon Rédempteur, mon Amour, mon Tout!
Ô Marie, mon Espérance, recommandez-moi à votre Divin Fils.
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