15/05/2008
LASSANA COULIBALY : UNE CHANCE POUR LA FRANCE

C'est un routard du viol que les jurés de la cour d'assises du Puy-de-Dôme sont appelés à juger à partir d'aujourd'hui. Lassana Coulibaly est accusé d'avoir fait des victimes à Paris, Vichy, Montpellier ou encore Clermont-Ferrand. Il avait été confondu par son ADN.
Les enquêteurs l'avaient surnommé « le violeur aux chaussettes », lui qui leur avait donné tant de fil à retordre. Lassana Coulibaly, 27 ans, comparaît à partir de ce matin devant les assises du Puy-de-Dôme pour neuf viols précédés, accompagnés ou suivis de tortures ou actes de barbarie, deux tentatives de viol et une agression sexuelle aggravée. Face à lui, douze femmes attendent de voir leur agresseur jugé.
Douze victimes, âgées de 19 ans à 57 ans au moment des faits, qui ont enduré un véritable martyre.
Les faits se sont déroulés entre 2002 et 2005. A cette époque, Lassana Coulibaly, sans profession et sans domicile fixe, écume les foyers de jeunes travailleurs, squatte chez des copains et vit de rapine et de petits boulots. Ce garçon d'origine africaine, qui a grandi à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), navigue entre Paris, Clermont-Ferrand, Vichy ou encore Toulouse. Mais c'est à Montpellier (Hérault) qu'il commet sa première agression sexuelle, le 13 octobre 2002, sur une jeune étudiante de 19 ans. Trois jours plus tard, toujours dans la cité héraultaise, il s'infiltre discrètement chez une nouvelle victime, une femme médecin de 36 ans, qu'il viole à deux reprises sous la menace d'un couteau en la bâillonnant avec une chaussette trouvée sur place.
Un véritable maniaque
La longue errance de Coulibaly continue. En juin 2003, il se trouve alors à Clermont-Ferrand. En l'espace de quelques jours, il commet deux nouveaux viols et une tentative. En 2004, deux autres femmes sont violées à Paris et Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). En 2005, alors que les enquêteurs traquent encore un inconnu, dont le portrait-robot circule dans tous les commissariats du pays, il viole ou tente de violer à quatre reprises à Vichy, Clermont et Paris.
« Ma cliente est en survie depuis les faits, souligne Me Portejoie, l'avocat d'une des parties civiles. Tant que le procès n'aura pas eu lieu, elle ne pourra pas se reconstruire. » D'autant que les victimes ont eu affaire à un véritable maniaque.
Chaque fois, le mode opératoire était le même. Il s'introduisait par la fenêtre d'un appartement en étage, escaladant les murs, généralement au petit matin. Il utilisait des chaussettes pour bâillonner ses victimes ou s'en servait comme de gants pour ne pas laisser d'empreintes. A l'aide de fils électriques trouvés sur place, il ligotait ses victimes, les violait, les frappait, les menaçait de représailles si elles portaient plainte, avant de disparaître.
Du détergent sur ses victimes
En 2005, Coulibaly se sent traqué. Il utilise alors des détergents pour laver ses victimes, afin de ne pas laisser de traces d'ADN... Peine perdue, sur chaque scène, l'empreinte génétique du violeur aux chaussettes est retrouvée. Le 9 octobre, il commet son dernier viol sur une étudiante clermontoise de 23 ans, semant la panique sur le campus. Cette fois-ci, l'affaire est révélée par la presse. Des femmes qui n'avaient jamais osé parler sortent de leur silence.
Coulibaly n'est alors connu des services de police que pour de menues affaires de vols et de drogue. Son empreinte génétique n'est donc pas enregistrée dans le fichier national. C'est d'ailleurs à la suite d'un simple cambriolage commis dans la région de Toulouse que le routard du viol est interpellé le 8 décembre 2005. Son empreinte génétique est expertisée et le « violeur aux chaussettes » enfin identifié.
Son procès qui s'ouvre aujourd'hui à Riom (Puy-de-Dôme) devrait durer jusqu'à vendredi prochain. Il y a quelques jours seulement, la famille du violeur a récusé deux de ses trois avocats. Coulibaly encourt pourtant la perpétuité.
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09/05/2008
MALIK SOUMAH : UNE CHANCE POUR LA FRANCE

Onze ans de prison pour le viol d'une mineure de 16 ans.
La nuit du 23 avril 2006 restera à jamais entrecoupée de blancs pour une jeune Toulousaine de 16 ans. Après cinq versions des faits différentes, l'accusé n'a pas profité de son procès en cour d'assises pour éclairer cette nuit-là. Rappel des faits : une bande d'amis sort en discothèque, fait la fête et boit de nombreux verres d'alcool fort. Puis, d'un coup, c'est le black-out. Elle ne se souvient de rien si ce n'est d'avoir refusé de suivre un homme qui l'avait fortement agrippée par le bras. Des témoins diront qu'elle tenait à peine debout. Ce n'est que le lendemain matin, en se réveillant à moitié nue dans le lit d'un inconnu qu'elle panique. Que lui est-il arrivé pendant cette dizaine d'heures où les souvenirs ne reviennent que par flashs ? Des analyses reconstitueront les faits : la jeune fille encore vierge a été violée.
C'est avec de nombreux silences, entrecoupés de sanglots que la victime est venue à la barre. « Il m'a attrapée par le bras aux toilettes et personne n'a bougé. Puis, je ne me souviens plus de rien. » 1,65m-55 kg, la « gamine de 16 ans », comme la désignera Me Catala, son avocat, est décrite comme inhibée par les experts, « incapable de se projeter dans un comportement sexualisé », « n'assumant pas sa féminité ». Perdant un peu de sa superbe, l'accusé s'adresse alors à sa victime : « Je comprends ta position mais j'ai toujours ressenti que tu étais consentante. » Il ne changera pas sa version des faits.
Après la lecture de divers témoignages mentionnant le caractère agressif du jeune Guinéen de 31 ans envers ses ex petites amies, Me Catala a entamé les plaidoiries. « On ne peut pas ignorer une gamine de 16 ans qui murmure sa douleur », commence-t-il. L'avocat oppose les deux personnalités : « poupée silencieuse et désarticulée » pour la victime, « homme fonctionnant selon son bon plaisir » pour l'accusé et demande aux onze jurés de trancher : « soit vous croyez ma cliente, soit vous le croyez, lui. » M. Bec, avocat général, reprend les mêmes termes pour désigner la jeune fille. « Vous avez fait l'amour à une poupée de son, à un pantin disloqué » dit-il à l'accusé à qui il reproche « d'avoir trop menti pour que l'on puisse le croire deux ans après ». Il demandera entre huit et dix ans de prison car « dans l'échelle de l'horreur, vous n'êtes pas le pire », dira-t-il au prévenu qui risquait jusqu'à 15 ans.
Pour la défense, Me Balbo s'est placé sur le terrain de la morale et du droit. « La morale réprouve la relation entre un homme de 29 ans et une adolescente de 16 ans mais est-ce pour autant un crime ? », questionne-t-il en demandant la relaxe. Le second conseil de Malik Soumah a pris une tout autre position en prévenant : « Je vais plaider en conscience et en humanité ». Loin de ménager son client à qui il fera une leçon de morale sur son comportement « imbécile », Me Alfort tente d'humaniser ce « dragueur invétéré qui était chaud dans une ambiance chaude ». « Dans sa tête, je crois qu'il n'a pas eu conscience qu'elle n'était pas consentante », avance l'avocat qui joue franc jeu avec son client et le jury. « Je crois que vous le déclarerez coupable mais je vous demande d'être très en deçà de ce qui a été requis », conclut-il. La brillante plaidoirie et les sourires esquissés par certains jurés pendant ce portrait n'auront pas suffi : Malik Soumah est condamné à onze ans d'emprisonnement.
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08/05/2008
AMAR : UNE CHANCE POUR LA FRANCE

De mai 2005 à mai 2008... Trois ans durant, une femme de 60 ans a été séquestrée dans un appartement de Saint-Gratien (Val-d'Oise) par son compagnon, qui aurait exercé sur elle une redoutable emprise psychologique. Danièle a été incapable de s'enfuir : son geôlier présumé, qui lui avait confisqué ses papiers d'identité et l'avait isolée de tous, est soupçonné d'avoir réussi à construire autour d'elle une véritable prison mentale.
Il vient d'être interpellé à l'issue d'une enquête des gendarmes de l'Oise puis de la PJ de Cergy (Val-d'Oise).
La vie du couple bringuebalait déjà depuis plusieurs années. Elle a basculé quand, à l'occasion d'un séjour au Maroc, en mai 2005, Danièle apprend qu'Amar, 69 ans, était déjà marié dans le pays. Elle décide de cesser toute relation intime, mais reste auprès de lui, reculant devant des menaces de représailles sur ses enfants, confiera-t-elle. Danièle ne sait pas, alors, qu'elle s'engage dans un long tunnel de trois ans, piège qui se referme aussitôt sur elle.
L'appartement de Saint-Gratien devient sa prison, où Amar passe de pièce en pièce en prenant soin de fermer à clé chaque porte derrière lui, comme en maison d'arrêt. Elle est séquestrée au cinquième étage d'un immeuble dont les occupants ne connaissent d'elle qu'une silhouette rare, ne sortant jamais seule, toujours accompagnée par son concubin. Une femme privée de tout, ne voyant personne, coupée de toute relation amicale. En interrogeant la victime, les enquêteurs ont retracé peu à peu son quotidien : l'absence de médecin, la privation de nourriture parfois, mais aussi les coups et les viols.
Une enquête ouverte en 2006
Danièle indique également aux policiers l'existence d'une chambre, close par une porte blindée, où son compagnon rangeait les papiers d'identité qu'il lui avait confisqués, les clés, son argent... Un dispositif que les policiers de la PJ découvrent lors des perquisitions effectuées au terme de l'enquête.
Il a fallu attendre de longs mois avant que les investigations aboutissent à la libération de Danièle. L'enquête démarre pourtant en janvier 2006 lorsqu'une fille de la victime, sans nouvelles de sa mère depuis le mois de mai 2005, lance une procédure de disparition inquiétante dans l'Oise. Celle-ci n'évolue guère jusqu'à sa reprise par les gendarmes de la brigade de recherche de Clermont, qui relèvent alors des indices inquiétants : son compagnon est décrit comme un homme violent, qui exerce une forte emprise sur elle. Il l'avait menacée de mort à plusieurs reprises. Il est également connu des services de police pour escroquerie, abus de confiance, proxénétisme et chantage.
Placé sous surveillance
Fin avril, les enquêteurs retrouvent sa trace dans le Val-d'Oise et frappent à sa porte. Ce jour-là, ses explications sonnent faux. Il explique qu'il n'a plus de nouvelles de Danièle depuis plusieurs mois, n'ayant eu que de rares contacts avec elle au cours des dernières années lors de rencontres dans des hypermarchés. Les gendarmes le surveillent de plus près jusqu'au moment où ils le voient quitter le parking en voiture, avec une femme qui se place aussitôt sous leur protection. C'est dans ces conditions que les policiers de l'antenne PJ de Cergy se retrouvent saisis de l'affaire sur instruction du parquet de Pontoise. Et contribuent à leur tour à faire la lumière sur le calvaire de Danièle, qui aujourd'hui présenterait un syndrome posttraumatique important.
Amar, lui, nie les faits. Il a été mis en examen « pour viol et séquestration » et placé sous contrôle judiciaire. Le parquet de Pontoise, faute d'éléments matériels établissant la séquestration, considérée comme psychologique, confie aborder le dossier avec prudence. Il n'a pas requis le placement sous mandat de dépôt du suspect.
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30/04/2008
ENCORE UN VIOLEUR EN LIBERTE

Meaux. Faux taxis : y a-t-il un deuxième violeur ?
Troublant ! Alors que les policiers concentrent leurs investigations autour de Bruno Cholet, incarcéré dimanche pour le viol et le meurtre présumés de Sussanna, une autre affaire mobilise la PJ. Hier, le parquet de Meaux a ouvert une enquête à la suite du viol d'une jeune femme de 23 ans commis dans la nuit de vendredi à samedi vers Saint-Mard, en Seine-et-Marne. Là encore, il s'agirait d'une agression par un chauffeur de taxi. La victime est une hôtesse de l'air qui habite Fontenay-aux-Roses dans les Hauts-de-Seine.
C'est un policier de la Compagnie départementale d'intervention qui, revenant de son travail, a trouvé la jeune femme en pleurs alors qu'elle marchait le long de la RN 2 sans savoir où aller. Emmenée au commissariat de Mitry-Mory, elle a expliqué avoir pris un taxi vers minuit à la sortie d'une station de métro de la ligne 13. Le conducteur, au lieu de la ramener à son domicile à l'ouest de Paris, prend l'autoroute A 1 en direction de la Seine-et-Marne où il viole et la frappe avant de l'abandonner. Auparavant, il la menace avec une arme.
Mais l'enquête du groupe criminel de la police judiciaire de Versailles se révèle difficile, d'autant que la jeune femme avait passablement bu ce soir-là. Bien sûr, on ne peut s'empêcher de faire le rapprochement avec Bruno Cholet soupçonné d'avoir pris dans son taxi clandestin l'étudiante suédoise avant de la violer et de la tuer dans la nuit du 18 au 19 avril. Or, au moment où l'hôtesse de l'air était agressée samedi soir, Cholet se trouvait déjà en garde à vue.
Alors, un deuxième homme chauffeur de taxi sévit-il dans la capitale ? La psychose pourrait bien s'installer. On se souvient que, fin février, une jeune Sudéoise avait déjà été violée par un inconnu et abandonnée vivante à Orgeval (Yvelines) après avoir pris un taxi en sortant d'une boîte de nuit parisienne. Et les expertises ADN ont permis d'écarter la responsabilité de Bruno Cholet dans cette affaire. Alors, simple hasard ?
Et faut-il verser aussi au dossier le témoignage de la jeune Albigeoise recueilli ci-dessous ? La question est posée.
Claire (1), une jeune Albigeoise de 22 ans étudiante à Paris, a-t-elle croisé l'auteur activement recherché d'agressions commises ces dernières semaines ? Voilà deux mois, un samedi soir au sortir d'une boîte située près de Saint Germain-des-Prés, Claire a connu la frayeur de sa vie en montant dans le véhicule d'un chauffeur de taxi qu'elle avait hélé pour regagner son domicile.
« Dès que je me suis assise à l'arrière, j'ai senti que quelque chose n'allait pas, qu'il ne me fallait pas rester là », raconte-t-elle. « En effet, juste après avoir démarré, l'homme s'est mis à conduire en me regardant, en parlant de sexe,, de plaisirs, et des femmes qui profitaient de leur pouvoir »…»
Joignant le geste à la parole, l'homme, qui pourrait avoir la trentaine, n'hésite pas à glisser une main à l'arrière sur le genou de sa passagère. Ce geste, pénible, achève de paniquer la jeune fille qui lui demande alors « d'arrêter immédiatement le véhicule et de la déposer ». D'autant que le conducteur, au volant de sa voiture une grosse cylindrée de couleur blanche, semblait vouloir quitter son itinéraire pour emprunter le périphérique dans la direction opposée. Le conducteur avait-il l'intention de sortir de Paris ? Toujours est-il que Claire, qui ne manquait pas de sang-froid, avait déjà saisi son portable. « En lui montrant mon téléphone, je lui ai dit : « Je suis en ligne avec la police. Déposez-moi immédiatement », témoigne-t-elle encore éprouvée par ce souvenir.
L'homme a-t-il alors paniqué ? Toujours est-il qu'il a déposé la jeune passagère, tremblante mais soulagée. Claire avait tout fait pour oublier cette histoire jusqu'au moment où a surgi dans l'actualité l'affaire Cholet et ses agressions présumées. La jeune Albigeoise s'est rendue alors dans le commissariat le plus proche pour déposer son témoignage.
(1) Le prénom a été volontairement modifié.
17:15 Publié dans SOCIETE - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de filles, femme, blabla de fille, femmes, actualité, vive la vie, société
29/04/2008
LA FRANCE : TERRITOIRE OCCUPE

LE MONDE | 25.04.08 |
Au fond du local des boulistes, béret sur la tête et langue bien pendue, un sexagénaire joue aux dominos avec un ami. A côté, sur une autre table, les copains retraités font une partie de rami. Dehors, au milieu des immeubles, c'est la pétanque de 16 heures au soleil. Ambiance formica, verre de thé et franche rigolade : "On n'est pas heureux, là ?" La petite troupe d'anciens acquiesce généreusement. Bienvenue dans le quartier de la Grande-Borne à Grigny (Essonne).
Bienvenue ? En fin d'après-midi, au même endroit, où à quelques dizaines de mètres, selon les soirs, l'ambiance peut changer radicalement. Des adolescents ou de jeunes adultes enfilent des cagoules ou se dissimulent sous leurs capuches. Puis ils remplissent des chariots Leclerc avec des pierres ou des cocktails Molotov. Et se lancent à l'assaut des policiers en patrouille. Le ministère de l'intérieur parle de véritables "guets-apens". Convaincus qu'un jour il y aura un mort, les policiers de terrain évoquent, eux, des scènes de "guérilla urbaine".
De la quiétude du terrain de pétanque à l'émeute et à l'ultraviolence. Des vieux immigrés, qui s'excuseraient presque d'être là, aux jeunes cagoulés clamant leur haine de l'Etat. Du jour à la nuit. Quantitativement, le noyau dur des émeutiers représente une cinquantaine d'"individus". A peine plus, si l'on ose dire, que le noyau dur des boulistes. Une goutte d'eau sur les 11 000 habitants du quartier, coincés entre l'autoroute A6, une route nationale et une zone industrielle. Mais un impact social énorme. L'image d'une ville tout entière, l'image d'une jeunesse enragée.
Dans le palmarès informel des cités difficiles, la Grande-Borne est au sommet. "Certainement un des quartiers les plus durs d'Ile-de-France", note Michel Lernoux, procureur adjoint de la République à Evry. Toujours précurseur dans les violences urbaines, bien plus sensible, en réalité, que Clichy-sous-Bois (Hauts-de-Seine) ou Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), les stars mondiales des french riots. Les premiers coups de feu contre les policiers pendant des émeutes ? A Grigny, lors des violences de l'automne 2005, puis à nouveau en mars 2008. La mode des incendies de bus ? Grande-Borne, octobre 2006. Les "caillassages" de pompiers ? Les mortiers improvisés avec des feux d'artifice ? Les attaques de particuliers sur la nationale ? Les incendies d'école ? De voitures ? La Grande-Borne, encore et toujours. Le quartier, dont une petite partie se trouve sur le territoire de Viry-Châtillon, était pourtant né d'une utopie. Celle de l'architecte Emile Aillaud de créer une cité-dortoir qui devienne une "cité des enfants". Des immeubles de deux ou trois étages, construits entre 1967 et 1971 pour faire face à la poussée démographique. Des ruelles piétonnières qui serpentent entre les bâtiments colorés. Des places où les anciens prennent le soleil l'après-midi et où les enfants peuvent jouer. Et, au milieu de ce triangle, un immense espace vert - pelouse, pâquerettes, arbres - qui donne un faux air de campus universitaire, en moins bien entretenu.
Mais cette utopie s'est transformée en cauchemar sécuritaire. Les livreurs ne viennent pas - ou alors, avant 10 heures du matin, avant que les "racailles" qui se couchent tard ne commencent à se réveiller. Des médecins refusent les visites. Une partie des commerçants ont baissé le rideau, fatigués de subir des braquages. Des enseignants ont fait grève après plusieurs agressions. Les employeurs mettent de côté les CV où figure l'adresse de la cité. La police, elle, envoie régulièrement un hélicoptère survoler le quartier. Des patrouilles incessantes en journée. Des fouilles de véhicules, des contrôles d'identité innombrables. Des camionnettes de CRS qui tournent au ralenti le soir et qui donnent le sentiment de se trouver dans un territoire occupé.
Quelques dizaines d'adolescents face à l'Etat. Une poignée de jeunes face à 11 000 habitants. Le rapport de forces semble déséquilibré. Et pourtant, ce sont les premiers qui tiennent le territoire, qui imposent leur loi. Les anciens comme les mères de famille peuvent certes circuler en toute tranquillité. Y compris la nuit. Mais à condition de ne pas regarder ce qu'ils ne doivent pas voir - ou du moins de faire comme s'ils n'avaient rien vu. Les boulistes peuvent bien jouer, rigoler, plaisanter, vivre leur vie - et ils ne s'en privent pas. Mais à condition de ne pas déranger, de ne pas se mêler des affaires des autres.
"On est bien ici, mais faut se tenir à sa place", répète le président de l'association des boulistes retraités, dans le quartier depuis 1971. Il refuse que son nom soit publié. On le comprend : derrière le terrain de pétanque, sur les places bétonnées, c'est une autre partie qui se joue, partiellement invisible. Selon la police, la zone est une "plaque tournante" du trafic de stupéfiants, essentiellement du cannabis amené par l'autoroute A6. Un secret de polichinelle dans la cité. "Il y a des centaines de kilos qui transitent par cette place", glisse un commerçant.
La Grande-Borne, c'est finalement l'histoire d'une prise de pouvoir par une poignée de jeunes. Lorsque commence une émeute, une bagarre, lorsque se déroulent des opérations liées aux trafics, les adultes poursuivent leur chemin, comme si de rien n'était. Agnès Daviau, 77 ans, dont trente-six passés à la Grande-Borne, n'a pas peur de vivre au milieu du quartier. La militante, bénévole dans une association de soutien scolaire, réfléchit. Aucune agression subie. Pas de menaces particulières. Mais une obligation de discrétion qu'elle a intégrée dans sa vie quotidienne. "Faut pas prendre la mouche, ici. Un jeune peut te bousculer parce qu'il a un truc dans les oreilles", raconte cette ancienne "travailleuse familiale". "Quand on leur parle, on met pas de violence dans nos réponses. Quand ils font du bruit à 23 heures, devant nos fenêtres, on est tolérants."
Sylvie Alipio, 35 ans, six enfants, prend le café chez son amie, Orkia Benaïssa, 39 ans, trois enfants, au milieu de la Grande-Borne. Salon oriental, immense écran plat, appartement briqué. Elles racontent la convivialité et le plaisir d'habiter un "village" qui font oublier la difficulté à boucler les fins de mois avec un RMI. Mais Sylvie Alipio décrit aussi la loi implicite de la cité. Rester discret, laisser faire plutôt que de prendre le risque d'intervenir.
"Quand on habite ici, il ne faut jamais montrer qu'on a peur. Il faut toujours faire comme si c'était normal. Il y a une arme ? C'est normal. Il y a une bagarre ? C'est normal. Il y a une émeute ? C'est normal." Avec quelques parents d'élèves, les deux mères de famille tentent de faire évoluer cette culture du silence. Courageusement, elles ont organisé une marche contre la violence à l'automne 2007. Mais la reconquête est difficile : "Au fond, les adultes ont peur des enfants. Même des gamins de 10 ans", se désole Sylvie Alipio.
Le problème, c'est qu'à la Grande-Borne, la jeunesse déborde. Avant d'être la ville des émeutes, Grigny est la ville des poussettes. Près de 800 naissances par an, soit un millième du total des naissances en France pour une commune de 25 000 habitants. Le taux de natalité de la ville se situe exactement entre la moyenne française (13 naissances pour 1 000 habitants) et la moyenne du continent africain (38 pour 1 000). Des gamins partout, dans les crèches, les écoles, le collège, au bas des immeubles, dans les halls, sur les places, au gymnase, sur les stades : 28 % de la population ont moins de 14 ans, 23 % ont entre 15 et 29 ans. "On doit être la ville la plus jeune de France", relève Omar Dawson, 29 ans, titulaire d'un DESS en commerce international, créateur de sa PME dans l'audiovisuel.
Grigny sert de porte d'entrée aux migrants qui arrivent en provenance d'Afrique noire, notamment. Des zones rurales à la banlieue parisienne, la secousse est rude. Oreillette Bluetooth qui clignote, pantalon et veste en jean, De-Charles Claude Aka, fils de diplomate ivoirien, a longtemps été éducateur spécialisé dans les rues de Grigny. Il s'occupe aujourd'hui d'une association qui propose des cours d'alphabétisation. De ce poste, il observe, au quotidien, le choc culturel pour les parents et les enfants. "Quand les familles arrivent ici, elles sont sur une conception traditionnelle de l'éducation : elles pensent que tout le monde va être responsable des enfants. Que les voisins, les tantes, les cousins vont surveiller les gamins."
Au milieu de fratries importantes, notamment lorsqu'il s'agit de familles polygames, ces jeunes finissent par s'élever tout seuls ou entre eux. Dans la rue, pour certains. Dans son F5, au 2e étage, Orkia Benaïssa montre du doigt le bâtiment en face de chez elle. "Un soir, il faisait nuit, il y avait des petits de 8 ans qui jouaient sur le toit. Ils pouvaient tomber et se tuer. Les parents, ils sont où ?" Pas démissionnaires, mais dépassés par un mode de vie et des codes sociaux qu'ils ne maîtrisent pas. Dépassés par l'obligation d'assurer la survie immédiate. Déboussolés aussi par leurs enfants qui apprennent le français plus rapidement et qui obtiennent un statut d'adulte en rapportant un peu d'argent grâce au "business". Le résultat est désastreux : une large partie des jeunes quitte le système éducatif sans le moindre diplôme. Donc sans possibilité d'insertion durable.
A la rupture culturelle s'ajoutent la précarité et la pauvreté. Le chômage est deux fois plus élevé à la Grande-Borne que sur le reste du territoire. Les revenus sont inférieurs de moitié à la moyenne nationale. Une situation connue : depuis trente ans, les pouvoirs publics n'ont jamais cessé d'envoyer dans le quartier les familles les plus en difficulté. "On ramène à la Grande-Borne tous ceux dont on veut pas ailleurs. Et on s'étonne que ça n'aille pas bien !", note le président des boulistes, nostalgique du temps où il y avait encore des "Français" - comprenez des "Blancs" - en nombre. L'Etat a beau avoir la volonté d'investir des centaines de millions d'euros pour la rénovation urbaine, c'est le sentiment d'abandon qui prévaut. "La Grande-Borne, c'est comme le triangle des Bermudes. On vous y met et c'est comme si vous y disparaissiez de la société", résume Omar Dawson.
Des jeunes, des pauvres, des "sans-avenir". Un cocktail explosif. Avec un acteur qui fait l'unanimité contre lui et fédère les générations : la police. Les jeunes sont les seuls à jeter des pierres contre les forces de l'ordre mais la colère est beaucoup plus vaste. Plus inquiétante aussi. La perte de confiance est totale et générale. "Le manque de respect de la police, c'est pour les habitants le signe du manque de respect de la société tout entière", décrypte Hervé Seurat, l'écrivain public du quartier qui vivote en rendant service à des adultes perdus dans les démarches administratives.
Vieux, jeunes, hommes, femmes, les habitants ont tous des anecdotes vécues personnellement. Le patron des boulistes, du haut de ses 67 ans : "Quand un policier vous arrête à Paris, il vous salue poliment. Ici, il demande de mettre les mains sur le toit de la voiture." Alain Huillé, 56 ans, le président de l'amicale des locataires, habitant de la Grande Borne depuis trente-deux ans : "L'autre jour, on va acheter une pizza. On passe devant des CRS qui nous contrôlent. On revient par l'autre côté et d'autres CRS nous contrôlent." Orkia Benaïssa : "Il y avait une altercation en bas de chez moi. J'ai dit au policier : "Vous n'y arriverez pas sans discuter." Ils m'ont répondu : "On n'est pas là pour se faire écouter." Comme je parlais avec les mains, un autre policier est arrivé et a pointé son flash-ball sur moi."
Pour les travaux pratiques, il suffit de suivre une patrouille dans le quartier. Contrôle d'identité, tutoiement de rigueur et dialogue musclé avec deux jeunes sur un parking en milieu d'après-midi. Le policier approche son visage à une dizaine de centimètres de son interlocuteur du même âge : "Tu restes pas là, tu rentres chez toi, maintenant." Un abus d'autorité mais les deux jeunes sans uniforme plient bagage devant le jeune en uniforme. Ils connaissent la règle : un mot de trop, et c'est l'"outrage" avec condamnation quasi automatique. On connaît malheureusement la suite. Pour les plus solides ou les plus raisonnables, un sentiment d'injustice. Pour les plus fragiles ou les plus violents, la tentation des représailles une fois la nuit tombée : la rage au ventre, une capuche sur la tête, une pierre dans la main... Et Grigny explosera à nouveau.
Luc Bronner
Source : Le Monde
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25/04/2008
RIP SUSSANNA ZETTERBERG...

Qualifié de «louche» par Sussanna Zetterberg, le chauffeur de taxi aurait en chemin fébrilement manipulé son téléphone portable.
L'assassinat de Sussanna Zetterberg, étudiante suédoise de 19 ans retrouvée samedi dernier brûlée dans la forêt de Chantilly (Oise), pourrait-il trouver une élucidation rapide ? Jeudi , près d'une quarantaine de policiers de la brigade criminelle poursuivaient leur contre-la-montre pour retrouver le ou peut-être les auteurs de cet acte barbare. Parmi les hypothèses, il est en effet possible qu'il ait été accompli avec un complice.
Selon des sources suédoises, Sussanna, sortie vers 4 h 45 de la boîte de nuit la Scala, où elle venait de passer la nuit avec deux amies venues de Stockholm pour les vacances, aurait pris un taxi et téléphoné aussitôt à sa colocataire en lui confiant en suédois : «Je suis assise dans le taxi, mais le chauffeur a l'air louche.» Ce dernier, toujours selon elle, aurait emprunté un chemin incohérent, tout en envoyant des SMS et en regardant sans cesse son téléphone mobile. Comme s'il attendait le message de quelqu'un pouvant être un complice. Sussanna ne donnera plus signe de vie.
Les policiers disposeraient d'ADN
Son corps a été retrouvé à plusieurs dizaines de mètres en profondeur d'un chemin forestier d'Avilly-Saint-Léonard. «Assez loin pour qu'un homme seul n'arrive pas à transporter le corps sans l'aide complice», croit pouvoir affirmer un journal de Stockholm. D'ailleurs, différentes traces suspectes de pas auraient été repérées aux côtés du cadavre de la fille calcinée, retrouvée menottée, poignardée et présentant quatre impacts de calibre 22 dans la tête. «Nous ne désespérons pas de sortir vite cette affaire», confiait-on jeudi au 36 Quai des Orfèvres.
Outre trois étuis de cartouche retrouvés aux côtés du corps, les policiers disposeraient d'ADN. Par ailleurs, des vidéos auraient été prises à la sortie de la boîte de nuit, notamment grâce à une caméra de surveillance de circulation plantée à côté, mais aussi au guichet d'un distributeur de billets de Senlis où, à 5 h 30, la carte bancaire de Sussanna a été vainement utilisée. Il se situe à quatre kilomètres de l'endroit où gisait le corps de sa propriétaire… Enfin, outre le passage en revue de tous les crimes sexuels commis en région parisienne ces derniers mois, la Crime travaille sur les routes et les péages vers le nord susceptibles d'avoir été empruntés par le taxi.
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23/04/2008
MEURTRE D'UNE ETUDIANTE SUEDOISE

Susanna, 19 ans, étudiante suédoise à Paris, a disparu dans la nuit de vendredi à samedi, à la sortie de la discothèque la Scala, rue de Rivoli. Vers 4 heures, elle a envoyé un texto à sa copine qu’elle avait perdue de vue dans la soirée pour lui indiquer : «Je rentre seule en taxi.» Susanna n’est jamais rentrée. Son amie, qui est la fille de sa logeuse, s’en est inquiétée et a alerté dès samedi matin le commissariat du XVIIIe arrondissement sur sa «disparition inquiètante».
«Mains menottées». Au même moment, une promeneuse a découvert un cadavre dans la forêt de Chantilly (Oise) et prévenu les gendarmes de Senlis. La victime était allongée face contre terre, «habillée, en partie brûlée, et les mains menottées dans le dos», a précisé le substitut du procureur de Senlis. Incendiée au niveau de l’entrejambe et du ventre avec un produit inflammable, ce corps de femme était méconnaissable. Elle ne portait aucun papier d’identité, sac à main ou téléphone portable.
L’autopsie a déterminé que la victime a été tuée d’un coup de couteau au cœur. Aucune trace de violence sexuelle n’aurait été relevée mais le feu a pu les effacer.
La brigade criminelle de Paris a fait le rapprochement entre sa disparue Suédoise et la dépouille de Chantilly. Les empreintes digitales de Susanna Z. ont été relevées dans son appartement puis comparées à celle du corps retrouvé. L’étudiante suédoise a ainsi été formellement identifiée hier matin. Les analyses de traces et d’éléments d’ADN et autres relevées autour de la dépouille sont en cours.
Top-model. Arrivée à Paris à l’automne dernier pour étudier le français à l’université de la Sorbonne, Susanna, fille de diplomate, était serveuse dans un café pour arrondir ses fins de mois. Les enquêteurs essaient de trouver si un taxi, vrai ou faux, a réellement embarqué la Suédoise blonde de 1,75 m au physique de top-model, samedi au petit matin. Les recherches de clients et témoins éventuels à la Scala ont été reportées à aujourd’hui, la boîte étant fermée les lundis et mardis.
Les gendarmes ont retrouvé le cas similaire d’une Suédoise au profil identique qui était montée dans un taxi, une nuit de février, puis avait été violée et abandonnée vivante, en forêt de Poissy. La police répertorie également en région parisienne de nombreuses agressions sexuelles commises par de faux chauffeurs de taxis en maraude la nuit.
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22/04/2008
LES DANGERS D'INTERNET POUR LES ENFANTS

Grosse frayeur dans la famille d'une adolescente de 12 ans toujours pas revenue la nuit venue, au domicile paternel à Marchiennes dans le Nord.
L'adolescente qui avait passé une partie de la journée chez une amie, n'était pas rentrée en fin d'après-midi chez elle.
En début de soirée, fous d'inquiétudes ses parents se sont décidé à donner l'alerte.
Un excellent réflexe qui permettra de retrouver leur fille au petit matin dans la voiture d'un homme de 35 ans, immatriculée dans la Meuse. Immédiatement interpellé, l'automobiliste a été placé en garde-à-vue.
L'homme et l'adolescente s'étaient donné rendez-vous vendredi après-midi sans s'être jamais rencontrés auparavant, sauf sur des sites de discussions sur internet et sur le blog de l'internaute qui se serait fait passer pour un jeune homme âgé de 25 ans.
C'est en enquêtant à son domicile et en s'intéressant au répertoire de son téléphone portable, que la police judiciaire de Lille a retrouvé les coordonnées d'un homme de 35 ans domicilié dans la Meuse, déjà condamné pour corruption de mineur.
D'après les premiers éléments de l'enquête, il semblerait que l'adolescente l'ait suivi librement.
L'homme était toujours en garde-à-vue hier. La jeune fille n'a pas subi de violences. Une information judiciaire pour corruption de mineur devrait être ouverte aujourd'hui.
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17/04/2008
KAJA : VICTIME DE LA SCIENTOLOGIE ?

Sur la table de sa chambre, elle a laissé un mot pour ses parents à côté des résultats catastrophiques d'un test de personnalité auquel elle venait juste de se soumettre dans les locaux de l'Eglise de scientologie... Et puis, elle a sauté du 4e étage de sa résidence universitaire, rue Assalit à Nice.
Kaja Gunnar Ballo, étudiante norvégienne inscrite à l'université de Nice, avait 20 ans. C'était le 28 mars. Et ce suicide qui, respect de la vie privée oblige, n'aurait pas dû faire une seule ligne dans la presse norvégienne, suscite aujourd'hui une colossale polémique qui, depuis hier, dépasse largement les frontières scandinaves. Alors que la fin tragique de Kaja est devenue une affaire d'Etat en Norvège, une information judiciaire pour recherche des causes de la mort a été ouverte à Nice par le procureur Eric de Montgolfier. Y a-t-il un lien entre l'acte désespéré de cette jeune fille et les activités de l'Eglise de scientologie ? C'est la question que la justice se pose.
Epinglée à deux reprises par la mission d'enquête parlementaire « sur les dérives sectaires », la scientologie se retrouve donc une nouvelle fois au centre d'une vaste polémique. Hier après-midi, deux bénévoles de l'église si chère à Tom Cruise ont été convoqués par les enquêteurs à la demande d'un juge d'instruction. Mais alors que des policiers en tenue étaient dépêchés rue Pertinax devant le siège de la scientologie pour éviter que ne dégénère le face-à-face entre des journalistes norvégiens et les adeptes de la dianétique, rien n'a filtré sur l'évolution des investigations confiées au groupe d'appui judiciaire de la sécurité publique.
« Pourquoi salir la mémoire de ma fille ? »
Le bref passage de Kaja le 28 mars au matin dans les locaux de la scientologie peut-il avoir été à ce point déstabilisant que la jeune étudiante décide quelques heures plus tard d'en finir avec la vie ? La question hante plus que jamais ses parents : son père est député socialiste au Parlement norvégien, sa mère est secrétaire d'Etat en charge de l'environnement. « Pourquoi a-t-elle fait ce test ? Sans doute parce qu'elle a toujours été curieuse de tout ; et qu'habitant à deux cents mètres du local de la scientologie, elle a dû être abordée jour après jour par des adeptes de cette « église », suppose Olav Gunnar Ballo. Mais quand on lit les résultats de ce test - qui la présentait comme déséquilibrée, renfermée, déstabilisée -, on peut légitimement se demander s'ils n'ont pas été le détonateur du drame. C'est ce test qu'elle laisse en évidence sur sa table de chevet !!! Et le fait qu'en réponse à nos questions aussi légitimes qu'obsédantes, le porte-parole de la scientologie en Norvège ait cru devoir salir la mémoire de ma fille, en la présentant comme une malade, une accro aux antidépresseurs qui depuis dix ans aurait fait d'incessants allers-retours en psychiatrie, ne peut qu'attiser nos soupçons. »
Le contre-portrait des scientologues
Le père de Kaja n'en dira pas plus. Si sa fille à bel et bien souffert d'anorexie, ces troubles remonteraient à 2001. Kaja, alors était une pré-adolescente perturbée par le divorce de ses parents. « Depuis elle allait bien, très bien. Ses copains de fac vous le diront tous (voir ci-contre). C'est honteux de tenter de la présenter ainsi. »
Honteux... à moins de chercher à tout prix à se dédouaner ? Le soupçon reste en suspens. Et, fatalement, dans les locaux niçois de l'Eglise de scientologie, on le dénonce avec la plus grande fermeté : « Comment nous accuser quand, en tout et pour tout, Kaja a passé une petite heure avec nous. En revanche, ce qu'elle nous a confessé n'était effectivement pas très gai : elle nous a dit être sous traitement lourd depuis dix ans et ne plus le supporter. Elle nous a dit souffrir toujours d'anorexie. Elle nous a raconté sa douleur. Mais tout cela n'est pas de notre responsabilité. »
La justice devra trancher. Souvent accusée, rarement inquiétée, la scientologie se pose en victime d'une nouvelle cabale. Même si la seule et unique fois où la scientologie fut condamnée en France, ce fut à Lyon en 1996 pour « homicide involontaire » dans une affaire qui étrangement ressemble à celle de Kaja.
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15/04/2008
BRIGITTE BARDOT : JUGEMENT LE 3 JUIN

PARIS - Deux mois de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende ont été requis mardi après-midi à l'encontre de Brigitte Bardot poursuivie pour provocation à la discrimination et à la haine raciale envers la communauté musulmane.
L'ancienne égérie du cinéma français n'a pas assisté à l'audience qui s'est tenue devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris. Le jugement a été mis en délibéré au 3 juin.
Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) avait porté plainte l'an dernier après des propos de "BB" dans une lettre envoyée à Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur à l'époque, et publiée dans la revue de la Fondation Brigitte Bardot, "L'Info-Journal".
"Il y en a marre d'être menés par le bout du nez par toute cette population qui nous détruit, détruit notre pays en imposant ses actes", déclarait-elle en référence à la fête musulmane de l'Aïd el-Kébir et aux pratiques d'abattage des moutons.
Brigitte Bardot a déjà été condamnée à quatre reprises pour incitation à la haine raciale, écopant d'amendes allant de 10.000 FF en 1997 à 5.000 euros en 2004.
"A chaque fois, elle s'en était prise à la population musulmane en tenant des propos haineux. Visiblement, ses multiples condamnations n'ont pas empêché Mme Bardot de récidiver une fois de plus", a lancé le MRAP dans un communiqué. AP
17:05 Publié dans SOCIETE - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de filles, femme, blabla de fille, femmes, actualité, société, vive la vie


