16/07/2008

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03/04/2008

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12/02/2008

LES 36 STRATAGEMES (6)

Situations presque désespérées :

 

31. Utiliser la séduction d'une jolie femme.

32. Montrer la ville déserte à l'ennemi.

33. Soudoyer et utiliser à son profit l'espion de l'adversaire.

34. Se blesser pour gagner la confiance de l'adversaire.

35. Lier entre eux des stratagèmes.

36. Se retirer devant un ennemi trop puissant.

 
 

31 : Mei ren ji : Utiliser la séduction d'une jolie femme.

Lorsque votre adversaire est vaniteux et fier de lui, et que vous ne pouvez l'attaquer directement sans courir de grands risques, vous avez encore des façons de faire. L'une d'elles consiste à lui envoyer des personnes qui savent le distraire et l'affaiblir.

* L'armée la plus puissante a encore un point faible : les hommes qui la composent. Le général le plus habile a encore un point faible : les passions qui l'habitent.

* Séduire, c'est conduire à l'écart de la raison. Ce peut être aussi égarer, c'est à dire induire en erreur.

* Envoyez de riches cadeaux à votre adversaire. Flattez-le par de suaves paroles. Invitez-le à des fêtes somptueuses et offrez-lui de succulents repas. Sa résistance finira par s'émousser.

* Offrez-lui une victoire facile. Préparez des ruses grossières qu'il puisse aisément déjouer. Faites-lui croire qu'il est très fort et très intelligent. Son jugement finira par s'altérer.

* Tentez-le. Laissez-le satisfaire ses besoins belliqueux. Laissez-le s'approprier de grandes richesses. Laissez-le humilier et martyriser les siens. Il finira par devenir insupportable à son entourage.

* Faites en sorte que votre adversaire satisfasse - et au-delà - ses passions. S'il aime les femmes, n'arrêtez pas de lui en présenter. S'il préfère l'argent, n'arrêtez pas de lui en donner. Vous finirez peut-être par lui faire perdre complètement la raison.

 

32 : Kong cheng ji : Montrer la ville déserte à l'ennemi.

Donner à l'ennemi l'impression que la ville dans laquelle on se trouve a été désertée est un pari risqué. Cependant si la situation paraît désespérée, on peut essayer d'en ouvrir les portes et de se tenir en embuscade. L'ennemi hésitera sans doute à entrer, pensant qu'on lui a tendu un piège.

* Quand on n'a rien, on peut encore essayer de ruser en jouant avec le vide et le plein.

* Là où il y a du vide, on peut créer l'illusion du plein afin de tromper l'adversaire.

* On peut aussi lui montrer ouvertement du vide. S'il pense qu'il s'agit d'un stratagème, il se dira peut-être que ce vide est en réalité plein.

* On hésite toujours un peu à s'emparer d'une ville morte.

* Un roi nu qui ne veut pas se rendre peut encore essayer de parader. Il a peu de chances de s'en sortir, mais c'est la seule chose qu'il lui reste à faire.

* Essayez de duper l'ennemi en dévoilant ouvertement vos faiblesses. Circonvenez-le en enveloppant des actions totalement anodines d'un halo de mystère.

* Si vous avez la réputation d'être très habile, l'ennemi hésitera à vous détruire.

* Normalement on feint d'être fort quand on est faible, et l'on feint d'être faible quand on est fort. Mais le procédé est tellement répandu qu'il n'est pas toujours crédible.

* Lorsqu'on se trouve dans une situation quasiment perdue, c'est une chance d'avoir en face de soi un adversaire pusillanime. C'est encore mieux s'il est naïf.

 

33 : Fan jian ji : Soudoyer et utiliser à son profit l'espion de l'adversaire.

Si le général répugne à accorder honneurs et argent à ceux qui pourraient le renseigner, s'il préfère de ce fait demeurer dans l'ignorance, il est totalement dépourvu de clairvoyance. Personne, au sein de l'armée, ne mérite plus d'attention que les espions. Personne ne doit être mieux récompensé. Et personne ne doit être mieux tenu à la discrétion.

* Le général doit être tenu parfaitement au courant des missions de tous les agents qu'il emploie.

* Parmi eux, les agents doubles sont les plus importants. Il faut donc qu'il leur accorde une attention particulière.

* Si votre adversaire est rusé, il prendra intérêt à vous observer quoi que vous fassiez.

* Soyez précautionneux. Il se peut que des hommes à lui le renseignent sur ce que vous faites. A vous de savoir qui sont les hommes qui vous espionnent. Et après les avoir identifiés, à vous de savoir les retourner en votre faveur.

* Pour ce faire, soyez convaincant. Découvrez leurs points faibles et leurs vices et exploitez-les. Ensuite donnez-leur des instructions et voyez s'ils se mettent de votre côté.

* Récompensez-les généreusement pour les informations, même anodines, qu'ils vous apportent. Parallèlement, montrez-leur progressivement que vous les tenez et qu'il vous serait facile de les compromettre.

* Les agents doubles ont deux maîtres, mais savent où sont leurs intérêts. Maniez-les avec beaucoup de doigté et d'intelligence.

* Le meilleur moyen d'induire l'adversaire en erreur c'est de lui donner de fausses informations qu'il croit vraies ou de vraies informations qu'il croit fausses.

* Pour accréditer de fausses informations, il ne suffit pas d'utiliser quelqu'un de confiance. Il faut encore que ces informations soient vraisemblables.

* Si vous découvrez qu'un espion opère chez vous, laissez-le faire. Faites-lui découvrir des informations que vous aurez falsifiées, et laissez-le rentrer dans son camp. Ou bien, s'il est intelligent, essayez de le retourner.

* Ayez vous-même des intermédiaires et des espions. C'est l'information inédite qui permet au général avisé de remporter la victoire.

 

34 : Ku rou ji : Se blesser pour gagner la confiance de l'adversaire.

Il est rare qu'on s'inflige une blessure. Si votre situation est très compromise, essayez d'exploiter la naïveté ou la commisération de votre adversaire en vous blessant, ou encore en affectant d'être complètement épuisé. Il n'est pas impossible qu'il se laisse duper par votre attitude.

* Nul n'est assez fou pour se blesser soi-même. Une blessure est donc un gage de sincérité.

* Pour susciter la compassion ou la pitié d'autrui, vous pouvez vous imposer des souffrances physiques ou matérielles.

* Vous pouvez aussi faire semblant d'agir contre vos intérêts. L'ennemi croira que vous avez perdu la tête, et sa vigilance se relâchera.

* Vous pouvez jouer les imbéciles mais c'est un rôle difficile à tenir.

* Si vous êtes en train de négocier, dites à votre interlocuteur qu'il devrait se mettre à votre place, et redites-le lui. Il se peut qu'en agissant ainsi vous l'ameniez à plus de raison.

* Lorsqu'on est en situation de grande infériorité, il faut se donner beaucoup de mal pour gagner la confiance d'autrui.

* Il faut se faire humble et modeste, oublier ses acquis, ses titres et son passé. Il faut se dire qu'on est réellement devenu une quantité négligeable.

* Si vous avez perdu le contact avec le général en chef adverse, essayez de trouver des intermédiaires qui intercèdent en votre faveur. Choisissez-les si possible parmi ses proches et n'hésitez pas à très bien les rémunérer.

* Si vous voulez qu'un des vôtres acquière la confiance de l'ennemi, punissez-le publiquement, jetez-le en prison, et faites-le secrètement s'évader. Personne ne s'imaginera que vous traitiez si mal un de vos collaborateurs.

* Evidemment, vous pouvez préparer une contre-attaque en même temps que vous sollicitez la commisération de votre adversaire. Mais gare à sa réaction si votre contre-attaque échoue.

 

35 : Lian huan ji : Lier entre eux des stratagèmes.

Rien ne perturbe plus l'adversaire que de se voir opposer différentes manoeuvres en même temps. Pour être en mesure de l'emporter sur un adversaire prévenu et rusé, il faut avoir soi-même plusieurs tours dans son sac.

* Une action stratégique résulte souvent d'une combinaison de stratagèmes. Elle aboutit quand l'adversaire n'en comprend pas le sens ni la portée.

* Si vous arrivez à rompre l'ennemi de fatigue, puis à l'attaquer par surprise, vous enchaînez deux stratagèmes qui constituent probablement une stratégie gagnante.

* Vous pouvez augmenter l'effet de surprise en lançant plusieurs actions en même temps.

* Si vous négociez, amenez votre interlocuteur à ne plus savoir ce qu'il veut, puis annoncez clairement vos exigences.

* Si l'ennemi est numériquement supérieur, amenez-le à s'empêtrer lui-même dans ses contradictions, puis attaquez-le avant qu'il ne s'en rende compte.

* Si vous ne réussissez pas à le bousculer à la première attaque, battez aussitôt en retraite sans vous laisser aller au corps à corps sanglant.

* Tandis que le centre attirera les poursuivants, vos ailes se retireront avec une telle rapidité qu'il ne comprendra plus où se trouve votre centre. Vos ailes cependant tomberont à l'improviste sur ses arrières.

* Si l'ennemi que vous avez encerclé ne peut être vaincu sans de lourdes pertes, offrez-lui une voie de sortie. Choisissez pour cela un terrain qui lui soit défavorable et laissez-le prendre quelque avance de manière à ce qu'il relâche son attention et néglige de se couvrir.

* Essayez d'être toujours plus rapide que votre adversaire. Vous serez mieux à même de le rattraper et de le surprendre à votre guise.

* Gardez toujours votre liberté de mouvement. Si besoin est, laissez le butin et votre propre train sur vos arrières pour pouvoir tomber sur lui plus facilement.

 

36 : Zou shang ji : Se retirer devant un ennemi trop puissant.

A la guerre, il doit apparaître aussi naturel d'avancer que de reculer. En conséquence, quand on ne veut pas livrer bataille, il faut savoir lâcher du terrain. En évitant une défaite complète, on se donne ainsi les meilleures chances de remporter ultérieurement la victoire.

* Si l'ennemi est assuré de son triomphe et s'il vous paraît désormais impossible de le battre, il vous reste trois possibilités : capituler, négocier ou vous retirer.

* Capituler revient à subir une défaite complète. C'est la pire des solutions.

* Négocier est une demi-défaite, mais une demi-défaite est préférable à la capitulation.

* Négocier n'est pas une mauvaise solution, mais encore faut-il que l'ennemi accepte de vous parler.

* Il arrive un moment où la négociation n'est plus envisageable. Même dans ce cas il est primordial de maintenir une possibilité de dialogue avec l'adversaire. Utilisez un ou plusieurs intermédiaires de confiance.

* Si les difficultés sont insurmontables, cédez du terrain. Mieux vaut une bonne retraite qu'un mauvais combat.

* Sachez combattre au bon moment, au bon endroit, avec le bon adversaire.

* Eviter le combat et se retirer est le seul moyen de transformer une infériorité en victoire.

* En toutes circonstances, créez des apparences.

* Pour prendre, soyez prêt à donner d'abord. Et pour conquérir, soyez prêt à céder d'abord.

 

11/02/2008

LES 36 STRATAGEMES (5)

  

Situations où l'on cherche à rassembler :


25. Voler la poutre et la remplacer par le pilier.

26. En montrant le mûrier insulter le sophora.

27. Faire semblant d'être bête sans l'être.

28. Faire monter quelqu'un sur le toit et retirer l'échelle.

29. Décorer l'arbre avec beaucoup de fleurs.

30. Intervertir les rôles de l'hôte et de l'invité.

 

25 : Tou liang huan zou : voler la poutre et la remplacer par le pilier.

Arrangez-vous pour que l'ennemi ait à changer fréquemment ses plans. Attendez qu'il se fatigue ou bien qu'il commette une erreur, par exemple en éparpillant ses forces. Alternez sans prévenir les actions offensives et les actions défensives. De cette confusion apparente vous pourrez tirer d'importants avantages.

* Une bataille est à moitié gagnée quand l'adversaire a perdu l'initiative.

* Une guerre est à moitié gagnée quand on a réussi à dénouer secrètement les alliances adverses.

* Soyez habile. Sachez transformer l'apparence en substance et la substance en apparence.

* Soyez impénétrable. Obligez l'adversaire à modifier constamment ses plans.

* Soyez pragmatique. Tirez partie de la confusion que vous semez dans l'esprit du général adverse.

* Si vous négociez, ne dites jamais à votre adversaire ce que vous ne ferez pas.

* Restez longtemps intraitable sur les points qui vous paraissent secondaires. Votre interlocuteur pensera qu'ils ont une importance qu'il ne soupçonnait pas.

* Inversement, passez négligemment sur les points essentiels et qui vous tiennent à coeur.

* Ne revenez pas sur ce que vous avez déjà accepté. N'abandonnez pas ce qui pourrait vous servir ultérieurement de monnaie d'échange. N'oublier pas que négocier, c'est échanger.

* Négocier, c'est aussi savoir gérer des réserves. Rappelez-vous que pour cela il faut rester maître du calendrier. Même si vous êtes pressé de conclure, affectez de perdre du temps.

* Si votre liberté de mouvement est étroite, établissez par surprise un fait accompli. Il vous servira lors de discussions ultérieures. Mieux encore, n'hésitez pas à prendre un gage par la force. Il vous sera bien plus facile de négocier ensuite.

 

26 : Zhi sang ma huai : En montrant le mûrier insulter le sophora.

Plutôt que d'attaquer directement un adversaire imprévisible, mieux vaut s'en prendre à une autre cible. Cette attaque indirecte sera perçue comme un avertissement qui obligera l'adversaire à se découvrir. Ainsi lorsqu'un subordonné puissant montre des signes de révolte, on pourra l'intimider en s'en prenant à l'un de ses protégés.

* La conscience du danger rend docile.

* Pour soumettre un subordonné, on peut lui faire éprouver une vive frayeur en guise d'avertissement.

* Pour soumettre un adversaire, il suffit parfois de l'avertir ou de le menacer.

* Une menace peut être proférée de façon détournée. Elle peut aussi résulter d'un geste, comme par exemple un châtiment exemplaire administré avec détermination. C'est ainsi que le général punit sévèrement le soldat provocateur ou irrévérencieux.

* Si vous essayez de faire respecter une discipline sévère avant que l'armée ait accepté votre autorité, cela aura pour seul effet de la rendre insoumise.

* Le fort doit impressionner le faible pour le circonvenir. Souvent, l'intransigeance engendre la fidélité. Souvent la détermination engendre le respect.

* Quand les soldats partent à l'assaut, ils n'osent jamais dire qu'ils ont peur de leurs chefs. Pourtant c'est la discipline qui contraint le soldat à traverser le feu et l'eau sans désobéir.

* A la guerre, faire que les soldats avancent quand ils se trouvent face à l'ennemi. Ceux qui reculent doivent être rapidement et sévèrement punis. Pour renforcer la discipline, vous pouvez prendre quelques lâches et les faire exécuter publiquement. Que votre sévérité l'emporte toujours sur votre sollicitude.

* L'armée sera probablement victorieuse si les soldats craignent ceux qui les commandent et n'ont pas peur de l'ennemi.

* Elle sera probablement vaincue si les soldats craignent l'ennemi et n'ont pas peur de ceux qui les commandent.

* Un proverbe dit que pour apprivoiser un singe, il faut saigner un poulet devant lui. Il paraît que le singe est tellement effrayé par la mort du poulet qu'il finit par se soumettre.

* Si la panique vient à saisir les soldats, abstenez-vous de prendre une mesure exemplaire car elle risquerait de les inciter à déserter en masse.

* Traitez-les au contraire avec bonté, faites montre de courage, faites leur entendre raison, expliquez-leur quelle est la situation et comment ils ont une chance de s'en sortir.

* Il faut toujours rassurer la multitude en proie à la panique.

 

27 : Jia chi bu dian : Faire semblant d'être bête sans l'être.

Plutôt que de prétendre tout savoir et suivre aveuglément ses impulsions, il vaut mieux jouer les imbéciles et ne rien entreprendre. Plutôt que de frapper d'estoc et de taille le premier venu, il vaut mieux attendre qu'une occasion réellement favorable se présente.

* Ne donnez pas trop l'impression d'être malin. Il faut parfois cacher une grande intelligence sous l'apparence de la bêtise.

* Ne donnez pas trop l'impression d'être subtil. Il faut parfois cacher une grande sagesse sous l'apparence de la balourdise.

* Ne donnez pas l'impression que vous savez ce que vous voulez faire.

* Pensez toujours à la meilleure façon de désorienter votre adversaire. C'est ce que vous pouvez faire de mieux.

* Si vous vous trouvez en face de lui, feignez de ne rien savoir et ne vous vantez de rien. Ne lui dites surtout pas ce que vous ne ferez pas, vous lui mettriez la puce à l'oreille. Efforcez-vous de l'écouter et de le comprendre, il finira par vous dévoiler ses intentions.

* Un chef qui n'écoute pas et qui parle trop est pire qu'un chef indécis.

* Tout prince est un homme seul. Il est entouré par des ministres et des courtisans qui multiplient les intrigues et l'inondent d'informations inexactes. Un conseiller intègre est un bien rare qu'il lui faut conserver.

* La marge de manoeuvre dont dispose l'homme de pouvoir est plus étroite qu'il ne le croit. Non seulement il est prisonnier de son entourage, mais il voit aussi son prestige décroître à la moindre de ses erreurs.

* S'il est malin, l'homme de pouvoir ne contraint pas : il circonvient.

* Un prince ne devrait jamais rien laisser paraître de ses goûts, de son plaisir ou de son déplaisir. Il devrait être semblable à une haute montagne dont nul ne peut apercevoir le sommet et à un abîme dont nul ne saurait scruter les profondeurs.

* C'est quand on manoeuvre qu'on est vulnérable. Un animal immobile ne tombe pas dans un piège. Un poisson immobile de mord pas à l'hameçon. de même une armée immobile n'est pas dupe d'un stratagème.

* Le stratège avisé ne craint pas l'immobilité.

* Les bonnes méthodes sont celles que l'on ne divulgue pas. Les bonnes manoeuvres sont celles que l'ennemi ne détecte pas. Les bons stratagèmes sont ceux qu'on ne renouvelle pas.

* Quand vous bougez, soyez rapide comme un lièvre que vous viendriez de relâcher. Quand vous ne bougez pas, restez tranquille comme des moutons qui paissent. Et si vous n'êtes pas prêt à vous battre, feignez de ne rien comprendre à ce qui se passe autour de vous.

 

28 : Shang wu chou ti : Faire monter quelqu'un sur le toit et retirer l'échelle.

Lorsqu'on a conduit ses troupes loin avant en territoire ennemi et qu'elles commencent à perdre leurs forces morales, on les fait réagir en les privant de tout moyen de retour, de tout ravitaillement, de toute nouvelle des leurs, en leur expliquant qu'elles ne peuvent plus compter que sur elles-mêmes.

* Il est des circonstances où il faut savoir tromper ses propres troupes en leur promettant un succès facile.

* Il en est où il faut les pousser en avant et leur couper toute possibilité de retraite.

* Lorsqu'ils n'ont pas d'autre issue que de se battre, les soldats oublient la peur. Alors, un rien les rend braves.

* Si vous vous êtes aventuré loin de vos bases en territoire hostile, disposez vos troupes face à l'ennemi sans leur donner la moindre échappatoire. Leur unité s'en trouvera renforcée, la discipline se raffermira et leurs forces seront décuplées.

* S’il vous paraît indispensable de lancer la bataille, dites-leur qu'il n'y a pas de retraite possible, dramatisez la situation et incitez-les à avancer.

* Ce faisant, vous jouerez votre va-tout, mais vous vous mettrez dans les meilleures conditions pour l'emporter.

* Lorsque l'ennemi vous encercle et que les soldats sont peu enclins à se battre, sacrifiez le bétail et faites préparer un grand repas. Faites détruire en même temps toutes vos provisions, vos moyens de transport et vos vaisseaux. Les officiers et les soldats comprendront tout de suite combien le destin leur appartient.

* Le général avisé sait tenir tête à l'ennemi qui le cerne. Il use de la parole avec les siens. Il les exhorte, les convainc, leur communique son enthousiasme.

* Et il sait bien leur montrer par un geste qu'il ne leur reste plus qu'à vaincre ou à périr.

 

29 : Shu shang kai hua : Décorer l'arbre avec beaucoup de fleurs.

En temps de guerre, celui qui manque de ressources peut toujours s'appuyer sur les éléments extérieurs : le terrain, le temps ou les alliés. Celui dont les forces s'épuisent peut toujours tirer parti des erreurs de son adversaire. Et celui qui manque de moyens peut toujours tirer parti d'un stratagème qui lui permettra de reconstituer ses forces.

* Il arrive qu'on gagne des batailles en utilisant de grossiers artifices.

* Pour paraître plus puissant que vous n'êtes, faites des démonstrations de force. Faites du bruit, faites parler de vous, donnez le change.

* Montrez vos côtés avantageux. Occultez vos points faibles. Faites en sorte que votre adversaire ne sache plus distinguer le blanc du noir.

* Utilisez de trompeuses apparences pour que vos troupes apparaissent mieux armées qu'elles ne le sont en réalité. Impressionnez l'ennemi par vos démonstrations. Etalez-vous. Faites semblant.

* En bref, ornez le cerisier stérile de fleurs artificielles pour égarer vos adversaires.

* Lorsque vous négociez la vente d'un bien, faites savoir que vous avez beaucoup d'acheteurs intéressés. Au contraire, lorsque vous négociez l'achat d'un bien, faites comprendre à votre interlocuteur que vous avez l'embarras du choix.

* Plus votre situation est précaire, plus il vous faut montrer que vous êtes à l'aise.

* Plus on sera habitué à vous voir à l'aise, plus on croira que vous l'êtes. L'habitude rend confiant.

* Avec de fausses apparences, vous jetterez le trouble chez l'ennemi. Avec de fausses apparences, vous gagnerez du temps. Avec de fausses apparences, vous reconstituerez vos forces.

* Ayez confiance en vous. Vous finirez toujours par trouver un stratagème qui vous permette de remporter la victoire.

* La foi sans la force est vaine. La force sans la foi est stérile.

 

30 : Fan ke wei zhu : Intervertir les rôles de l'hôte et de l'invité.

Quand un invité veut prendre la place de son hôte, il doit procéder par étapes. Il lui faut d'abord trouver les points faibles de la maison ; ensuite il doit exploiter la faille ; puis contrôler le centre de la maison, enfin devenir l'hôte lui-même, c'est à dire diriger la maison.

* N'hésitez pas à vous croire chez vous. Prenez toujours votre hôte par les sentiments. S'il ne sait pas comment vous recevoir, mettez-le à l'aise.

* Prenez l'adversaire de vitesse. Si cela ne vous est pas possible, épousez son rythme.

* Pour mieux se défendre, il faut prendre l'offensive. C'est en contre-attaquant qu'on surprend le mieux l'ennemi.

* Cessez d'être passif. Intervertissez les rôles. Reprenez l'initiative. De spectateur, transformez-vous en acteur.

* L'état-major ennemi comporte toujours des lâches. Choisissez-y soigneusement les hommes que vous voulez gagner à votre cause et séduisez-les.

* Déterminez quels sont leurs points faibles. Si c'est l'argent, corrompez-les. Si ce sont les honneurs, flattez-les, S'ils ont d'autres vices, aidez-les à les satisfaire. Ensuite, étendez progressivement votre influence sur eux.

* Détruisez lentement l'image qu'ils se font de ceux qui les commandent. Soyez convaincant. Montrez leur combien la cause qu'ils défendent est perdue.

* S'il arrive qu'ils se rebellent contre leurs chefs, encouragez-les et soutenez secrètement leur action. Si vous pensez que leur rébellion est promise au succès, soutenez-les publiquement.

* Si vous avez des alliés, surveillez-les. Ne les laissez pas venir chez vous en force. Ils auraient tôt fait de prendre votre place.

* Celui qui prend une attitude défensive sur son propre territoire est un hôte. Celui qui prend une attitude offensive sur le territoire adverse est un invité.

 

10/02/2008

LES 36 STRATAGEMES (4)

 

Situations où plusieurs s'affrontent :

 

19. Retirer des bûches de dessous le chaudron.

20. Pêcher du poisson en eau trouble.

21. S'échapper comme la cigale dorée qui laisse sa dépouille.

22. Verrouiller toutes les portes puis attraper le voleur.

23. S'allier avec l'ennemi éloigné puis attaquer le voisin.

24. Passer par Yu pour attaquer Guo.

 
 

19 : Fu di chou xin : Retirer les bûches sous le chaudron.

Pour réduire le feu qui s'embrase sous le chaudron, on ne renverse pas un seau d'eau dessus. On retire les bûches une à une jusqu'à ce que l'intensité des flammes ait assez diminué. De même pour vaincre un adversaire puissant on ne l'attaque pas de front. On le prive progressivement de ses ressources jusqu'à ce que ses forces aient assez diminué.

* Si un ennemi est agressif, ne l'attaquez pas de front. Au contraire, par des actions ponctuelles dont le sens n'est connu que de vous, attaquez ses points faibles.

* Détruisez ses munitions, saisissez ses approvisionnements, soudoyez ses collaborateurs. Faites tout cela de manière graduelle, sans qu'il s'en aperçoive.

* Tant qu'on reste dans son dos, le tigre ne peut mordre.

* L'un des points faibles de l'ennemi est l'inattention qui le guette. Servez-vous en.

* N'oubliez pas que la petitesse peut l'emporter sur la grandeur et que la douceur peut l'emporter sur la violence.

* Vous pourrez d'autant mieux détourner l'attention de l'adversaire qu'il se sent imbattable. Vous pourrez d'autant plus l'affaiblir qu'il se croit invulnérable.

* Inversement, ne le laissez pas vous affaiblir. Protégez vos arrières et ne répondez pas à ses provocations.

* Soyez attentif à ses manoeuvres. Déjouez-les avant qu'elles ne deviennent pour vous des problèmes à résoudre.

* Se tenir sur la défensive ne signifie pas se retrancher dans une place forte ou se cacher derrière les murs de la ville. Cela veut dire : ne pas céder à la provocation, tirer parti de toutes les opportunités qui se présentent, profiter de toutes les erreurs de l'adversaire.

* Attaquez-vous au moral des troupes adverses et tâchez de saper leur discipline. De votre côté, maintenez coûte que coûte le moral de vos troupes et faites respecter la discipline la plus stricte.

* Distinguer le jour et la nuit n'est pas un signe de clairvoyance. Dire de l'ennemi qu'il est vulnérable n'est pas un signe d'intelligence.

 

20 : Hun shui mo yu : Pêcher du poisson en eau trouble.

Lorsque l'adversaire connaît une période difficile, exploitez sa faiblesse temporaire, son indécision ou son absence de stratégie. Faites-le aussi naturellement que si vous alliez vous reposer au terme d'une dure journée de travail ou de combat.

* Vous pouvez toujours essayer de semer la discorde chez l'ennemi. Mais cela suppose une préparation minutieuse et une grande présence d'esprit.

* Si plusieurs partis s'affrontent, profitez de la situation.

* Dans les périodes de trouble général, toutes les factions luttent d'influence. Les gens les plus timides et les moins perspicaces ne savent plus qui combattre ni à qui se vouer. Ils se soumettent au premier venu.

* Alors, repérez les positions avantageuses à conquérir. Identifiez les personnes que vous pouvez gagner à votre cause. Exploitez rapidement la situation si vous estimez qu'elle vous est favorable. En un mot, maîtrisez votre propre destinée.

* Avant qu'une position sur le terrain soit figée, placez vos troupes aux bons endroits. Faites-le sans révéler à l'ennemi vos intentions.

* Moins votre adversaire comprendra votre stratégie, mieux vous pourrez le jouer. Moins vous aurez de stratégie, mieux il pourra vous jouer.

* Quand il nage en eau trouble, le poisson ne sait pas bien où il va. Dans les situations confuses, on ne sait pas bien distinguer le vrai du faux.

* Face au chaos, restez calme et flexible. Mais que cela ne vous empêche pas de remédier à vos propres faiblesses, d'ouvrir vos yeux et vos oreilles, de recueillir toute sorte de renseignements, de cacher vos appréhensions, de renforcer votre volonté de combattre.

* Lorsque l'ennemi est complètement désorganisé, il peut lancer des opérations risquées. Il peut par exemples décider de lancer une opération par surprise en utilisant un stratagème. Pensez-y.

* Un général avisé n'hésite pas à utiliser la ruse, mais il n'en tire aucune conséquence car il ne sait pas si l'ennemi va la déjouer. Il se prépare donc à ce que sa manoeuvre échoue.

 

21 : Jin chan tuo ke : S'échapper comme la cigale dorée qui laisse sa dépouille.

Renforcez votre action quand vous êtes prêt d'abandonner une position. L'ennemi doit comprendre que vous comptez vous battre férocement. En même temps, préparez soigneusement la retraite de vos forces principales et faites exécuter la manoeuvre avec rapidité.

* Lorsque vous décidez d'une retraite, masquez votre manoeuvre. Lorsque vous décidez de vous échapper d'un piège, utilisez un subterfuge.

* De fausses apparences peuvent induire l'ennemi en erreur. Préparez-les soigneusement.

* Lorsque vous cherchez une échappatoire, faites-le sans que personne ne s’en aperçoive.

* De même lorsque vous préparez une contre-attaque, faites-le sous les dehors d'une action défensive.

* Si un nouveau front s'ouvre sur vos arrières, gardez votre sang froid et ne perdez pas de temps. Portez rapidement des troupes sur ce deuxième front sans pour autant dégarnir votre avant-garde.

* Si la supériorité de l'ennemi est écrasante, dédoublez les feux des bivouacs pour qu'il ne puisse évaluer vos forces avec précision, et tâchez de vous échapper en bon ordre à la faveur de la nuit.

* La force et la faiblesse dépendent de la disposition des armées sur le terrain.

* Préparez vos actions sous les dehors de l'inaction. Les stratagèmes que vous inventez ne doivent être connus que de vous.

* Ne vous soumettez jamais qu'en apparence.

 

22 : Guan mei zhuo zei : Verrouiller toutes les portes puis attraper le voleur.

Quand vous vous apercevez qu'un voleur est entré chez vous, vous pouvez ou bien aller chercher de l'aide et le laisser faire, on bien tenter de vous en emparer en ayant fermé la porte d'entrée. Dans un cas, il se peut qu'il s'échappe. Dans l'autre il faut que vous soyez certain d'être plus fort que lui.

* Lorsque l'ennemi est faible ou démoralisé et que vous l'avez acculé quelque part, coupez-lui toute possibilité de retraite et attaquez-le sans merci.

* Avant de passer à l'offensive, assurez-vous cependant qu'il ne se battra pas avec l'énergie du désespoir.

* Concentrez à l'avance toutes les forces dont vous aurez besoin au point que vous aurez choisi. Encerclez soigneusement l'ennemi pour l'avoir dans votre main. Et surtout n'hésitez pas d'agir avec célérité et détermination.

* Une manoeuvre d'encerclement ne suffit pas à assurer la victoire. Pour vaincre, il faut encore disposer de forces morales et physiques supérieures à celles de l'adversaire.

* Les petites troupes opérant des attaques de harcèlement ressemblent à des troupes de voleurs. Comme elles sont mobiles, on arrive généralement à les attirer dans un piège et là à les détruire complètement.

* Il faut donner aux voleurs l'impression qu'ils ne vont pas tomber dans un stratagème. Pour endormir leur méfiance, vous pouvez leur faire miroiter quelque butin facile. Vous pouvez aussi faire mine de vous éloigner, ou de ne pas les poursuivre, puis revenir les encercler à la faveur de la nuit.

* Pour éviter que le désordre n'embrase tout l'empire, il faut l'étouffer dans l'oeuf.

* Si vous avez affaire à une poignée d'opposants, identifiez-les, cernez-les et pour finir réduisez-les.

* Si vous négociez à votre avantage et que votre interlocuteur est fatigué, pressez-le de conclure. Ne lui laissez pas le temps de se ressaisir.

* Plus généralement, gardez-vous d'attendre qu'un problème soit devenu évident pour songer à le résoudre.

 

23 : Yuan jiao jin gong : S'allier avec l'ennemi éloigné et attaquer le voisin.

Quand on a des ambitions de conquête, on ne commence pas par s'allier avec un voisin puissant, ni par l'attaquer. On cherche à s'allier à des voisins lointains qui, en ouvrant d'autres fronts, vous aident à conquérir des régions limitrophes.

* Les meilleurs accords ne sont pas ceux qui sauvegardent vos intérêts à court terme.

* De même les meilleurs alliés ne sont pas ceux qui se trouvent à votre porte.

* Si votre allié est proche, des divergences apparaîtront tôt ou tard et si ses opinions diffèrent des vôtres, cela aura beaucoup d'importance.

* Par conséquent, alliez-vous à ceux qui ne sont pas de votre bord, ceux qui n'appartiennent pas à votre organisation, ceux qui n'opèrent pas dans votre voisinage.

* Et réservez vos actions offensives à vos concurrents immédiats.

* Si vous avez un âme de conquérant, rappelez-vous qu'il ne suffit pas d'être le mieux armé. Il faut encore savoir se servir opportunément et des gens et des choses.

* Maîtrisez vos proches, ne les laissez pas prendre le dessus. Redites-leur fréquemment que pour vous, l'ennemi se trouve à l'extérieur.

* Evitez d'exposer votre stratégie et vos plans à vos alliés. Surveillez-les, assurez-vous qu'ils ne changent pas d'avis. Vérifiez qu'ils maintiennent les objectifs qu'ensemble vous vous êtes fixés.

* Procurez-leur des agents sûrs qui vous informent et des combattants aguerris qui facilitent leurs manoeuvres.

* Dans les situations critiques, arrangez-vous pour que vos alliés soient plus exposés que vous. Sachez leur faire prendre des risques sans même qu'ils s'en rendent compte.

 

24 : Jia dao fa guo : Passer par Yu pour attaquer Guo.

( Durant la période des Printemps et des Automnes l'Etat de Jin voulut attaquer les deux Etats de Yu et Guo. Jin passa un pacte qui lui accordait le passage par Yu pour attaquer Guo, puis au retour les troupes de Jin ravagèrent Yu et le conquirent. )

Dans tous les plans de conquête, il faut procéder pas à pas et gagner les batailles une par une. Pour ce faire, on peut nouer des alliances qu'on retournera le moment venu ou bien emprunter à des voisins immédiats des voies d'accès permettant d'atteindre la cible qu'on s'est fixée.

* La conduite des opérations militaires peut vous amener à traverser des territoires neutres.

* C'est pourquoi, avant de déclencher des hostilités, il ne faut surtout pas dévoiler par votre attitude ceux que vous allez choisir comme alliés.

* Considérer a priori vos voisins et comme des amis et comme des ennemis.

* Profitez de leur lâcheté s'ils vous craignent. Profitez de leur bienveillance s'ils manquent d'ambition.

* Ne désespérez pas les Etats qui se disent neutres. S'il ne vous paraît pas opportun de les attaquer, tâchez de vous en faire temporairement des alliés.

* Gagnez-les à votre cause, ne les brutalisez pas. Ne les rançonnez pas. Envoyez à leurs gouvernants des cadeaux en signe de bonne volonté.

* Après avoir conquis les territoires ennemis, les habitants des territoires neutres vous craindront. S'ils vous craignent, il vous sera facile de les soumettre. Ainsi, vous vous serez agrandi deux fois.

* Quand un petit Etat, coincé entre deux voisins puissants et belliqueux, est menacé par l'un d'eux, il est judicieux d'envoyer des troupes aguerries à son secours. Car ainsi il sera peut-être possible de s'en emparer sous prétexte de le défendre.

* Ne vous arrêtez jamais en chemin. Ne vous contentez pas de petites victoires superficielles.

* Toute bataille gagnée doit être réputée importante et décisive.

* Quand vous faites la guerre, pensez toujours à la paix qui s'ensuivra.

 

09/02/2008

LES 36 STRATAGEMES (3)

Situations d'offensive :

13. Effrayer les serpents en frappant les herbes.

14. Se réincarner dans le corps d'un autre.

15. Faire sortir le tigre de son repaire.

16. Provoquer la retraite de l'ennemi pour le maîtriser plus facilement.

17. Lancer une brique pour attirer un morceau de jade.

18. Pour capturer les bandits, il faut prendre leur roi.

 

13 : Da cao jing se : Effrayer les serpents en frappant les herbes.

Quand on lance une attaque, l'adversaire commence normalement par se protéger. On peut donc tirer profit d'une fausse attaque puisqu'elle l'incitera à se dévoiler. Battre l'herbe, c'est provoquer une réaction de l'adversaire. C'est aussi lui lancer un avertissement.

* Observez attentivement l'ennemi après l'avoir provoqué ou l'avoir mis en garde. C'est ainsi que vous arriverez à le comprendre.

* Si vous êtes dans l'incertitude de ce qu'il va faire, battez l'herbe autour de lui. Vous apprendrez toujours quelque chose.

* Si vous devez effectuer la reconnaissance d'une zone suspecte, ou si vous cherchez à découvrir quelqu'un qui se cache, agissez à l'improviste.

* Le coup à l'improviste vous renseignera sur les moyens et les intentions de votre adversaire. Il vous permettra de préparer soigneusement votre offensive.

* Il arrive que, pour calmer le peuple, le meilleur moyen soit de se défaire d'un homme puissant.

* Si dans le cadre d'une discussion ou d'une négociation vous voulez déstabiliser votre interlocuteur, provoquez-le et faites-le sortir de ses gonds. La colère lui fera certainement commettre une erreur.

* En vous montrant ensuite apaisant, vous pourrez alors plus facilement l'amener à votre point de vue.

* Inversement, gardez-vous de répondre à une provocation, votre interlocuteur essaye probablement de vous provoquer.

* Essayez dans ce cas de ramener la discussion dans le cadre de ce que vous avez déjà dit. Mais gardez-vous d'aller au-delà de ce que vous avez déjà dit.

 

14 : Jie shi huan hun : Se réincarner dans le corps d'un autre.

Il n'est pas de situation désespérée. On peut toujours redresser une situation fâcheuse, utiliser des procédés inédits, modifier de fond en comble son organisation. Tel est le principe d'interversion des contraires : à la plus belle réussite succède bientôt l'échec et à l'échec le plus cuisant peut succéder bientôt la réussite.

* Toute action, quelle qu'elle soit, tend à se transformer en son contraire.

* En matière de stratégie, il existe un point culminant à partir duquel l'avantage devient un handicap, et vice versa.

* Si vous traversez une période difficile, gardez la tête froide. Créez des nouveautés qui modifient les comportements habituels.

* Analysez. Profitez de toutes les opportunités pour reprendre l'initiative et transformer votre échec en victoire. Et rénovez. Faites renaître le passé en lui donnant un nouveau lustre.

* Si votre politique est conservatrice, parlez un langage nouveau et servez-vous d'hommes nouveaux.

* Mais n'oubliez pas de tranquilliser les plus anciens. Tâchez de mettre aussi en valeur quelques hommes du passé.

* Si votre politique est progressiste, et si vous voulez changer les choses, parlez le langage des anciens. Servez-vous des gens modestes et opprimés. Ils recèlent des forces qui vous surprendront.

* Lorsque le pouvoir est usé et déconsidéré, beaucoup se contentent de le soutenir. Celui qui veut le prendre s'appuiera au contraire sur l'opinion et la gagnera à sa cause. C'est elle qui établira sa légitimité, et c'est par elle qu'il finira par prendre le pouvoir.

* On ne fait de bon vin que dans des barriques usagées.

 

15 : Diao hu li shan : Faire sortir le tigre de son repère.

Lorsque l'adversaire s'est placé dans une position inexpugnable, monter une attaque frontale contre lui ne peut mener qu'à la défaite. Il faut commencer par lui opposer une solide défense, essayer de l'induire en erreur et attendre le moment où il sera possible de l'attaquer avec succès.

* Pour chasser le tigre, il faut l'inciter à quitter la montagne. Il sera plus facile de l'attraper dans la plaine, hors de son repaire. Pour chasser le loup, il faut le séparer de la harde. Il sera plus facile de le prendre quand il se retrouvera tout seul loin des siens.

* Tout doit être fait pour déconcerter et isoler un adversaire puissant avant de songer à le combattre.

* Un bon moyen d'affaiblir l'ennemi est de l'attirer loin de ses bases. Quand il sortira de ses retranchements, il sera plus vulnérable.

* Se battre sur un terrain familier est un atout. Se battre sur un terrain inconnu est un handicap.

* Il est toujours plus facile d'attaquer l'ennemi sur un terrain qu'il ne connaît pas et que l'on connaît soi-même.

* Un autre moyen d'affaiblir l'ennemi est de le séparer de ses alliés. Ainsi, on pourra lui préparer des embuscades à loisir.

* Il se peut que vous perdiez un combat. Il se peut que vous soyez contraint de vous retirer. Il se peut que vous doutiez de vos plans. Qu'importe ! Tant que vous êtes capable d'obliger l'ennemi à quitter son repaire, vous le dominez.

* Forcer le tigre à quitter la montagne, cela veut dire garder l'initiative. Garder l'initiative est un avantage inappréciable.

* Manoeuvrez l'ennemi. Ne vous laissez pas manoeuvrer par lui. Et surtout, surprenez-le sans discontinuer.

* Lorsqu'on provoque un adversaire, on est toujours plus vulnérable que lorsqu'on le laisse venir à soi.

* Jouez avec le temps. Laissez-le travailler pour vous. Maintenez vos forces en alerte. Lorsque l'ennemi sera fatigué, choisissez de vous battre sur un terrain qui n'est pas le sien, et attaquez-le avec résolution.

* Un négociateur doit essayer de faire sortir son interlocuteur de ses positions et de le surprendre par des arguments inédits. C'est ainsi qu'il découvrira le mieux ses intentions.

 

16 : Yu qin gu zong : Provoquer la retraite de l'ennemi pour le maîtriser plus facilement.

Si vous bloquez l'ennemi en sorte qu'il n'ait aucune possibilité de s'enfuir, il vous livrera probablement une dernière bataille avec l'énergie du désespoir. Si, au contraire, vous lui donnez la faculté de s'échapper, vous affaiblirez sa détermination et il vous sera plus facile de l'amener à votre merci.

* Laissez pousser la mauvaise herbe pour mieux pouvoir la sarcler.

* Placez votre adversaire sous votre surveillance. Le cas échéant, laissez-le s'en aller pour mieux le rattraper.

* Pour lancer une offensive à bon escient, non seulement il faut être prêt soi-même, mais il faut encore que l'adversaire ne le soit pas.

* L'adversaire le plus facile à battre est celui qu'on aura préalablement réduit aux abois. C'est celui qu'on laissera s'enfuir, mais non point s'échapper. C'est celui qui ne vous considère plus tout à fait comme un ennemi car il sait que vous allez l'emporter.

* Le stratège avisé ne s'oppose pas directement à un mouvement dangereux. Il cède assez de terrain pour laisser le mouvement se développer et prendre une tournure qu'il lui sera ensuite aisé de dévier ou de récupérer. Mais quand il pousse l'adversaire dans ses derniers retranchements, il mobilise toutes ses forces pour le battre.

* Flatter la vanité de l'ennemi est un moyen de diminuer sa combativité. Le bercer d'illusions aussi, mais il est encore mieux de le rendre otage de ses propres sentiments.

* Lorsqu'on assiège l'ennemi, il faut s'efforcer de l'encercler de tous les côtés. Cependant, on veillera à toujours lui laisser un endroit plus vulnérable pour qu'il s'en serve le cas échéant comme d'une porte de sortie.

* Quand l'ennemi croit disposer d'une issue, en effet il pense à sa sauvegarde et son esprit combatif diminue. C'est alors qu'il devient une proie facile.

* Serrez l'adversaire de près, il rendra coup pour coup.

* Laissez-le s'enfuir, sa position s'affaiblira.

* Si ses forces sont nettement inférieures aux vôtres, il esquivera le combat et votre offensive tournera court. Alors, manoeuvrez pour le placer dans une position où il ne pourra pas prendre l'initiative.

* La guerre est toujours coûteuse, même pour le vainqueur. C'est pourquoi le moral de l'adversaire ne doit pas être une variable laissée au hasard.

* En temps de guerre, la rapidité n'est pas la panacée. Céder à la précipitation amène à commettre des erreurs.

* Si vous négociez, pensez à laisser à votre interlocuteur une ligne de retraite qui lui permette de sauver la face.

 

17 : Pao zhuan ying yu : Lancer une brique pour attirer un morceau de jade.

Vous avez beaucoup de manières de tromper l'ennemi. L'une d'elles consiste à l'inciter à faire un troc par lequel il acquiert quelque chose de peu de valeur contre ce à quoi vous accordez au contraire de l'importance.

* Il faut savoir céder quelque chose de peu de valeur pour obtenir en échange un avantage substantiel. Il faut savoir tirer un bénéfice important d'un don ou d'une faveur insignifiante.

* De même il faut savoir faire les premiers pas pour obtenir ce que l'on souhaite.

* Pour manoeuvrer l'ennemi, commencez par manoeuvrer vous-même. Pour leurrer l'ennemi, commencez par le comprendre.

* Faites des manoeuvres ordinaires, ou ce qui ressemble à des manoeuvres ordinaires, pour vous lancer ensuite dans des actions extraordinaires.

* S'il arrive que, pendant un engagement, les troupes de l'ennemi dispersent leurs bagages, gardez-vous de vous en emparer. Ne tombez pas dans le panneau.

* Rappelez-vous qu'un naïf ne peut s'en prendre qu'à lui.

* Si vous livrez bataille à une armée dont le général est assez stupide pour agir selon son intérêt propre, essayez de le soudoyer. L'argent constitue toujours un excellent appât.

* Ne soyez attaché à rien, pas même à gagner du temps.

* Il existe différentes façons de confectionner un leurre. Dans tous les cas le leurre doit avoir assez de substance pour capter l'attention.

* Attirez l'ennemi en laissant en évidence des populations sans défense ou des troupes mal aguerries. Dans la perspective d'une victoire facile, il s'avancera et deviendra arrogant. Et c'est ainsi qu'il finira par perdre l'initiative.

* Si votre territoire est envahi, laissez faire dans un premier temps, mais préparez soigneusement la contre-attaque. Vous la lancerez quand l'ennemi, étant loin de ses bases, se croira invincible.

* Lorsque vous négociez, sachez étonner votre interlocuteur par un flot de paroles sans queue ni tête. Il pensera qu'il doit s'y joindre une sorte de sens.

* Si vous l'habituez à entendre toutes sortes de choses qu'il ne comprend pas, et s'il prend secrètement conscience de sa propre faiblesse, vous l'embrouillerez et lui ferez tourner la tête.

* Les pratiques commerciales telles que rabais, ristournes, avantages et commissions de toute nature facilitent les transactions et assurent des profits nettement supérieurs à ce qu'elles coûtent.

 

18 : Qin zei qin wang : Pour capturer les bandits, il faut prendre leur roi.

Pour remporter une victoire complète sur l'ennemi, il faut arriver à briser sa force principale. Si vous mettez la main sur le général adverse, ou si vous le tuez, vous briserez le moral de ses troupes et vous pourrez en profiter pour lancer une bataille décisive.

* Visez toujours l'adversaire à son point sensible. Prenez-vous en à sa garde.

* Une armée n'est rien sans son chef. Lui seul est capable de prendre des risques.

* Remporter une victoire en laissant s'échapper le général en chef revient à laisser le tigre blessé regagner la montagne. Cela s'appelle manquer de discernement.

* Vous pouvez envoyer des hommes de confiance au sein du camp ennemi avec pour mission de s'emparer du général en chef ou de le tuer. Mais c'est une opération très risquée.

* Cherchez ce qui soutient votre adversaire. Trouvez les bons leviers. Provoquez des réactions en chaîne.

* Commencez par frapper les élites. Le peuple suivra.

* Pensez à détruire d'abord les forces morales de l'adversaire. Elles ont plus d'importance que ses forces physiques.

* N'oubliez pas qu'il ne faut pas grand chose pour briser le moral des troupes adverses. Parfois, un geste suffit.

* Lors d'une négociation, ne perdez jamais de vue l'argument susceptible de convaincre votre interlocuteur. Mais sachez l'utiliser à bon escient.

* D'une manière générale, conduisez vos pensées dans l'ordre, en commençant non pas par les plus simples, mais par celles dont les conséquences sont les plus importantes.

* De même occupez-vous d'abord des questions risquées ou difficiles.

 

08/02/2008

LES 36 STRATAGEMES (2)

 

Situations à l'issue incertaine :

7. Là où il n'y a rien, inventer quelque chose.

8. Aller discrètement à Chen Cang.

9. Contempler l'incendie de la rive opposée.

10. Cacher un poignard dans un sourire.

11. Le prunier malade dessèche à côté du pêcher en fleurs.

12. Dérober un mouton en passant.

 
 

7 : Wu zhong sheng you : Là où il n'y a rien, inventer quelque chose.

Comment inciter l'adversaire à réagir à partir de rien ? Comment créer un précédent à partir d'un simple incident ? Comment duper l'ennemi par des fausses apparences, ou plutôt par des apparences qui ne sont pas complètement fausses ? En leur donnant du corps.

* On peut déconcerter un adversaire en lui prodiguant de bonnes paroles, en lui cherchant noise sans raison, en l'accusant sans fondement, en inventant une situation de toutes pièces.

* L'ennemi est confondu quand il prend le faux pour le vrai et le vrai pour le faux.

* De même l'opinion publique est troublée quand on lui présente le faux pour le vrai et le vrai pour le faux.

* La plupart du temps, quand on s'aperçoit que l'apparence est devenue réalité, il n'est plus temps de réagir.

* Arrangez-vous par un artifice pour que l'ennemi baisse la garde. Au besoin, menacez-le pour qu'il redoute un danger imminent.

* Alors, la situation changera réellement et vous aurez réussi à transformer un mirage en réalité. L'ennemi devra affronter la situation que vous aurez préparée.

* Induisez votre adversaire en erreur une première fois. Puis une seconde fois. Son attention se dissipera au point qu'il ne croira pas au véritable danger survenant ensuite, et qu'il y succombera sans opposer de résistance. Un coup faux, un coup faux, un coup vrai.

* Beaucoup de situations nouvelles proviennent du néant. De même, la vérité apparente procède d'apparences trompeuses.

* Il ne suffit pas d'entretenir une illusion. Il faut développer de la substance à l'ombre de l'apparence.

* Lorsque le néant est une illusion destinée à tromper l'adversaire, alors l'intention réelle cachée derrière l'illusion n'est autre que la réalité. Le stratège avisé décide d'agir quand l'adversaire croit encore au néant.

* N'abusez pas des mirages. Une boule cesse de rouler quand elle tombe dans un trou. Une rumeur cesse de circuler quand elle parvient à un sage.

 

8 : An du chen cang : Aller discrètement à Chen Cang.

( Xan Yu exila Liu Bang dans une province éloignée. En signe de soumission Liu Bang fit brûler les passerelles de bois le long d'une falaise qui formaient le chemin principal d'accès à sa terre d'exil. Il les reconstruisit peu après, et Xan Yu l'attendait au débouché des passerelles. Mais Liu Bang attaqua la ville de Chen Cang car il avait pris une route détournée. )

Pour l'emporter sur un adversaire bien organisé, une bonne façon de faire consiste à diviser ses propres forces en deux, chaque partie étant chargée d'appuyer l'autre. Le première partie aura pour mission de lancer l'attaque ; la seconde, de créer la diversion au moment opportun.

* N'avoir qu'un seul objectif et s'en tenir à un seul plan n'est pas une preuve de subtilité.

* Toute manoeuvre comprend deux aspects : le mouvement réel et l'objectif qu'on se fixe.

* En dissimulant l'un et l'autre, on prend l'adversaire complètement par surprise.

* Il est difficile de cacher un mouvement réel. Mais on peut toujours amener l'adversaire à négliger ou à interpréter faussement l'objectif que l'on s'est fixé.

* Sur le champ de bataille, tout est visible par l'ennemi, il faut que les mouvements extraordinaires apparaissent comme des mouvements ordinaires et vice-versa.

* Une manoeuvre doit en dissimuler une autre. Un mouvement de troupes doit être accompagné d'un autre mouvement qui l'appuie.

* Pour remporter la victoire, activez contre l'ennemi deux actions combinées. La première est une attaque frontale qui l'incitera à concentrer ses troupes. La seconde est une action latérale qui le prendra par surprise.

* L'effet de surprise peut être obtenu de deux façons : par la feinte et par la vitesse.

* L'action latérale fait la différence. C'est elle qui permet bien souvent de remporter la victoire.

* Entraînez certains de vos hommes à combattre, faites-les attaquer de front. Préparez les autres à agir, faites-les attaquer de biais.

* Cachez toujours vos intentions véritables derrière des actions logiques et évidentes. Ainsi la diversion dissimulera vos intentions.

* Le harcèlement permet d'occulter la préparation de l'action en force.

* Inversement, l'action en force est une excellente couverture à l'action qui crée la surprise.

* Quand l'ennemi est perspicace, il ne suffit pas d'une simple feinte pour l'induire en erreur.

 

9 : Ge an guan huo : Contempler l'incendie de la rive opposée.

Si l'ennemi est confronté à une situation incontrôlable, attendez que ses forces s'épuisent. Si la discorde gagne son camp, gardez-vous d'intervenir trop tôt. Vous pourriez inverser à votre détriment le cours des événements.

* Un conflit interne détruit les forces de l'adversaire aussi sûrement qu'une défaite sanglante. On peut donc en tirer profit à condition d'agir avec discernement.

* Si la discorde survient chez l'ennemi, pensez à saisir votre chance.

* Assistez sans bouger au malheur qui le frappe. Restez en apparence indifférent à ce qui se passe, mais soyez en réalité très attentif à l'évolution de la situation.

* Soyez précautionneux. Rien n'est pire qu'une attaque prématurée car elle peut avoir pour effet de réduire les conflits internes et de ressouder les forces adverses.

* Vous pouvez encourager les luttes intestines, mais en sous-main.

* Lorsque les tigres se battent entre eux, il ne faut pas intervenir. Il faut se contenter de les observer du haut de la montagne.

* C'est uniquement lorsqu'ils se sont entretués que l'on peut rentrer en scène.

* C'est ainsi que l'inaction précède l'action.

* Quand l'ennemi, se trouvant dans une situation difficile veut engager le combat, attendez. Quand la coalition adverse se dispute, attendez. Quand les forces de l'ennemi ne font plus confiance au commandement, attendez. Quand le général en chef est grièvement blessé, attendez encore.

* Dans une situation à l'issue incertaine, attendez toujours le moment qui vous sera le plus favorable. Un moment est favorable quand vos chances de gagner n'augmentent plus, et quand celles de l'adversaire ne diminuent plus.

* Le général avisé est celui dont le temps est l'allié.

 

10 : Xiao li cang dao : Cacher un poignard dans un sourire.

Soyez amène avec vos opposants en sorte qu'ils vous croient. Endormez leurs craintes et étouffez leurs soupçons sous des torrents d'amitié. Dans le même temps, préparez-vous dans le plus grand secret. Et lorsque vous déciderez d'agir, faites-le avec tant de soudaineté que vos opposants n'aient pas le temps de trouver une parade.

* La meilleure façon de neutraliser un adversaire est de s'en faire un ami.

* A défaut, on peut essayer de négocier avec lui. Ce qu'il ne veut pas donner, peut-être voudra-t-il l'échanger.

* N'hésitez pas à lancer des attaques qui déconcertent l'ennemi. Lorsqu'il sera totalement confondu, vous agirez avec succès.

* N'hésitez pas à cacher votre hostilité sous une grande bienveillance. Ainsi, l'ennemi relâchera sa vigilance.

* La parole vous a été donnée pour cacher votre pensée. Si vous êtes fourbe, enrobez votre fourberie d'amabilités. Si vous êtes violent, enrobez votre violence de paroles douces et aimables.

* Convainquez votre adversaire de la pureté de vos intentions. Pour qu'il commence à vous faire confiance, flattez-le. Si besoin, vous pouvez aussi lui donner des gages. Faites-le pour mieux le tenir à votre merci.

* Quand l'ennemi cherche à attaquer, négociez. Quand l'ennemi cherche à négocier, attaquez.

* Soyez toujours prêt à négocier. Ne négociez jamais sans être prêt.

* Si le général adverse est crédule, soyez crédible. S'il ne l'est pas n'allez pas jouer les tigres souriants, vos sourires ne le convaincraient pas.

* Si le général adverse est pauvre, enrichissez-le. S'il est humble, rendez-le fier. S'il manque d'intelligence, flattez-le.

* Sachez donner à la démonstration de force un air de faiblesse, et à la détermination la plus farouche un air d'hésitation.

* Le jour où vous décidez d'arrêter de combattre, choisissez quelques ambassadeurs parmi les plus habiles de vos hommes et donnez-leur des objectifs précis pour négocier la paix.

* Dans le camp ennemi, les avis seront partagés sur la position à tenir. Vos ambassadeurs devront identifier les partisans de la paix et les gagner à votre cause par des promesses et des cadeaux.

* Pour qu'elles ne soient pas comprises comme de simples manoeuvres, leurs propositions seront étayées par des actions concrètes et des gages.

* Ne désavouez pas vos ambassadeurs, vous perdriez tout avantage.

 

11 : Li dai tao jiang : Le prunier malade dessèche à côté du pêcher en fleurs.

On ne peut pas gagner toutes les batailles ni sauver tous ses hommes. Si cela doit permettre de remporter la victoire, il faut savoir essuyer des pertes ou sacrifier une partie de ses forces et de ses ressources.

* Quand on considère une situation dont l'issue est incertaine, il faut s'efforcer de déterminer quels sont les points forts et quels sont les points faibles.

* Il est des circonstances où l'on doit savoir sacrifier l'accessoire pour mieux sauver l'essentiel.

* De même il est des circonstances où l'on doit savoir abandonner des objectifs à court terme pour mieux assurer les objectifs stratégiques.

* Le général n'hésite pas à sacrifier une division pour sauver le reste de son armée.

* Car la partie doit toujours être au service du tout.

* A la guerre, vainqueurs et vaincus essuient des pertes. Le vainqueur est celui qui prévoit ses pertes. Le vaincu est celui qui se voit imposer des pertes qu'il n'avait pas prévues.

* Des troupes peu aguerries et des généraux peu expérimentés sont des points faibles. On peut les envoyer au combat sans attacher trop d'importance au résultat de leur action.

* Celui qui regarde au loin néglige ce qui est proche. Celui qui a de grandes ambitions néglige certains détails.

* L'ennemi n'a pas que des points forts. Il a forcément des points faibles qu'il s'efforce de cacher.

* Le bon stratège évite d'attaquer les points forts de l'ennemi.

* Il attaque ses points faibles avec des forces à peine supérieures.

* Il sait transformer une infériorité objective en une supériorité tactique.

* C'est ainsi qu'il remporte la victoire au moindre coût.

 

12 : Shun shou qian yang : Dérober un mouton en passant.

Toute situation comprend des opportunités d'action. Profitez de la moindre négligence de l'armée adverse et de la moindre hésitation de son général. Si vous exploitez intelligemment les faiblesses de l'ennemi, vous obtiendrez sur lui un avantage décisif sans même avoir à livrer bataille.

* Le général avisé reconnaît les lacunes et les maladresses de ses adversaires.

* A tout moment il sait improviser une ruse à partir des circonstances. A tout moment il sait déjouer les ruses de l'ennemi et en retourner les stratagèmes. C'est ainsi qu'il emporte le mouton rencontré par hasard.

* Il arrive que la résolution des situations les plus inextricables se fasse d'elle-même. Rien n'empêche alors de s'en attribuer le crédit en passant.

* La chance se mérite. Le mouton se trouve là par hasard, mais ce n'est pas par hasard qu'on s'en empare.

* On ne saisit pas aisément un mouton qui est entravé. On ne le détache pas impunément s'il y a des témoins. On ne l'emporte pas facilement si le tigre en a déjà fait sa proie.

* De même on ne profite pas vraiment d'une situation inédite si le bénéfice qu'on en retire est par trop visible.

* Il vaut mieux saisir sa chance dans l'obscurité qu'au grand jour.

* C'est par un premier pas que commence un voyage de mille lis. C'est par une petite brèche que commence l'écroulement d'un grand mur.

* Tirez partie de la moindre imperfection. Bénéficiez du moindre avantage que vous confère la situation. Transformez la plus petite erreur de votre adversaire en une minuscule victoire.

* Mais ne perdez pas de vue l'horizon. N'oubliez pas la direction que vous avez prise. Il ne faut pas être opportuniste à la manière d'une girouette.

* La tactique est affaire de circonstances, le bon tacticien s'adapte aux circonstances. Son action est fluide comme l'eau qui coule de la montagne.

* La stratégie est une direction que l'on choisit. Le bon stratège prend le chemin qui lui paraît le plus adapté. Au besoin il sait rebrousser chemin. Mais il ne perd jamais de vue la direction qu'il a choisie.

* Le général est maître de la destinée de l'armée.

 

07/02/2008

LES 36 STRATAGEMES (1)

 

Situations déjà gagnées :

1. Cacher le ciel et traverser la mer.

2. Encercler Wei pour sauver Zhao.

3. Emprunter le couteau pour tuer quelqu'un.

4. Utiliser le repos pour fatiguer l'adversaire.

5. Mettre à sac la maison en feu.

6. Faire du bruit à l'est et attaquer à l'ouest.

 

1 : Man tian guo hai : Cacher le ciel et traverser la mer.

( Allusion à Xue Rengui qui fit passer la mer Jaune à l'empereur Tai Zong des Tang sans que celui-ci s'en aperçoive. )

Il est toujours souhaitable de cacher un plan inédit au sein d'une action connue de tous ou de dissimuler un stratagème sous les dehors d'une affaire publique. Un plan secret peut être exécuté sans éveiller de soupçons chez l'adversaire, aussi perspicace soit-il.

* Souvent le grand jour est une cachette plus sûre que la pénombre.

* Souvent on ne porte pas assez d'attention à ce qu'on a l'habitude de voir.

* Souvent l'événement ordinaire n'éveille aucun soupçon.

* Ce qui est le plus en vue recèle parfois des choses insolites et surprenantes, et ce qui paraît accessible à tous recèle souvent des secrets plus grands.

* Le bon stratège met son adversaire dans la position de devoir se battre avec des ombres.

* Au départ, il donne l'impression de ne prendre aucune décision.

* Il ne révèle aucune de ses intentions si bien que son adversaire ne peut rien entreprendre avec certitude.

* Il se charge de la destinée de son adversaire. Pour le mystifier il dissimule ses intentions ; pour le jouer, il détourne son attention.

* Les troupes doivent comprendre les ordres, mais pas le plan de bataille.

* Si vous cherchez à parer à toute éventualité en prenant trop de dispositions minutieuses, il faut craindre que l'insouciance et le relâchement ne viennent les contrecarrer.

* Les accords peuvent être conclus aux yeux de tous, mais doivent être négociés dans le secret.

* Les instruments de l'Etat ne doivent pas être montrés à la multitude.

* Les organisations ne doivent pas faire apparaître leurs structures au grand jour.

* Quand on est sur le point de vaincre, il ne faut à aucun prix relâcher son effort en croyant qu'il n'y a plus rien à faire. Qui a tout prévu devient facilement négligent.

 

2 : Wei wei jiu zhao : Encercler Wei pour sauver Zhao.

( En -354 les troupes de Wei attaquèrent celles de Zhao. Le roi de Zhao demanda l'assistance de l'Etat de Qi. Plutôt que de renforcer le front de Zhao, Qui alla porter la guerre en Wei. Wei rappela alors ses troupes qui assiégeaient Zhao. )

Pour vaincre, évitez le plein, et avancez au contraire vers le vide. Attaquez l'adversaire à son point faible, ou attaquez plus faible que vous. Tel est le secret du succès.

* En matière de stratégie, évitez ce qui est difficile, intéressez vous plutôt à ce qui est facile. Evitez ce qui est solide, intéressez-vous à ce qui est fragile. Evitez d'attaquer ce qui est bien défendu, attaquez ce qui est mal défendu.

* La conduite des opérations militaires ressemble à l'écoulement de l'eau : le flot contourne les hauteurs pour se précipiter en bas. De même à la guerre il faut contourner les points forts et s'attaquer aux points faibles.

* Quand la détermination de l'adversaire est forte, on la détourne comme on creuse des canaux pour assagir un flot impétueux. Quand elle est faible, on profite des faiblesses comme on élève des digues là où le flot a perdu de sa force.

* Ce n'est pas en tirant et en forçant qu'on défait un noeud compliqué.

* Attirez toujours l'ennemi sur un terrain qui n'est pas le sien. Pour ce faire, commencez par afficher vos points faibles, puis incitez-le à enfoncer vos lignes, enfin coupez-le de ses arrières.

* Evitez d'affronter ses forces principales. Frappez-le au contraire là où il est vulnérable.

* Arrangez-vous pour savoir ce à quoi il tient personnellement le plus et tâchez de vous en emparer.

* Pour défaire complètement l'ennemi il faut s'en prendre à son arrière-garde. Là se trouve en général la ligne de moindre résistance.

* Son équivalent dans le domaine de la stratégie, est l'action que l'ennemi attend le moins. C'est ce qui s'appelle la ligne de moindre attente.

* Le stratège avisé préfère laisser l'adversaire attaquer le premier. Ainsi il lui est plus facile de déjouer ses plans.

* Il arrive très souvent que celui qui attaque le premier échoue et que celui qui contre-attaque l'emporte.

* Plutôt que d'attaquer de front un adversaire puissant, manoeuvrez pour qu'il fractionne ses troupes en petits groupes vulnérables.

* Plutôt que de prêter main-forte à ceux qui sont assiégés, pensez à assiéger ceux qui assiègent.

 

3 : Jie dao sha ren : Emprunter le couteau pour tuer quelqu'un.

En certaines circonstances, il ne faut pas hésiter à faire faire par un tiers ce que l'on ne saurait exécuter soi-même sans peine ni difficultés. Il n'est jamais nécessaire d'être l'auteur d'une action, l'essentiel est d'en recueillir le profit.

* Faire faire par l'adversaire ce que je ne souhaite pas faire moi-même, cela s'appelle lui emprunter sa force.

* Le convaincre de se battre contre celui dont je souhaite me débarrasser, cela s'appelle lui emprunter son épée.

* Le troubler dans sa détermination, lui faire modifier sa vision, cela s'appelle lui emprunter ses idées et ses plans.

* N'hésitez pas à agir par la main d'un autre. Utilisez pour cela le complot, la richesse d'autrui, l'opinion publique.

* Employez toujours un intermédiaire pour confondre ou réduire un adversaire plus puissant que vous. Et préparez des alibis en évitant de vous exposer vous même.

* Vous pouvez aussi tuer avec une épée d'emprunt soit en tirant parti des faiblesses et des contradictions de votre adversaire, soit en les suscitant.

* L'ennemi ne s'affaiblit jamais autant que par soi-même. L'ordre des priorités consiste d'abord à contrarier ses plans, puis à l'empêcher de concentrer ses forces, et en troisième lieu seulement à livrer bataille.

* Pour détruire l'Etat adverse, rendez suspicieux son souverain.

* Pour le détruire encore plus sûrement, tirez parti de la vénalité de l'entourage du souverain. Encouragez les factions à se développer et incitez-les à se battre les unes contre les autres.

* Economisez vos moyens. C'est dans le camp adverse que vous devez vous procurer les ressources qui vous seront nécessaires. Faites-le en tout cas dès que votre adversaire commence à se fatiguer.

* Si vous avez des alliés, incitez-les à attaquer à votre place pour préserver vos forces. Considérez que toute perte essuyée par un autre que vous est un gain pour vous.

* Vous pouvez toujours choisir entre la manoeuvre et le combat.

* Si vous ne pouvez entreprendre quelque chose par vous même, pensez à vous servir de l'ennemi. Si vous ne pouvez le neutraliser, prenez-lui ses armes.

* Saisissez-vous de ce que l'ennemi possède, servez-vous de son propre bien. Faites lui décimer les troupes que vous voulez combattre. Servez-vous de ses propres armes.

* Incitez-le à faire ce que vous voulez qu'il fasse. Servez-vous de sa propre détermination. Comprenez sa stratégie, retournez ses stratagèmes, servez-vous de sa propre pensée.

 

4 : Yi yi dai lao : Utiliser le repos pour fatiguer l'adversaire.

Il n'est pas nécessaire d'attaquer directement l'adversaire pour l'affaiblir. Il vaut mieux le fatiguer par une défense active en harassant ses forces. Car la démoralisation du fort bénéficie toujours au faible.

* Le bon stratège impose sa volonté à l'adversaire. Il ne permet pas à l'adversaire de lui imposer la sienne.

* Tout l'art de la manoeuvre consiste à l'amener sur un terrain qui lui est défavorable. La situation idéale est d'attendre de pied ferme un adversaire qui arrive sur le champ de bataille complètement exténué.

* La harassement consiste à user les forces adverses jusqu'à leur épuisement en sorte qu'on puisse ensuite facilement les anéantir.

* Même si l'ennemi est puissant au départ, on voit ainsi sa résistance diminuer, ses troupes déserter, son moral baisser et ses points faibles apparaître en pleine clarté.

* Lorsque l'ennemi fait halte, on le force à bouger. Lorsqu'il se repose, on le harcèle. Lorsqu'il avance, on recule. Lorsqu'il recule, on le pourchasse. C'est seulement lorsqu'il est épuisé qu'on songe à le frapper.

* Si les forces de l'ennemi sont nettement supérieures aux vôtres, attendez le moment où il sera éloigné de ses bases pour lancer votre contre-attaque. Vous arriverez ainsi à modifier le rapport des forces en votre faveur.

* Celui qui est trop actif s'épuise souvent à combattre un adversaire passif. Inversement, celui qui essuie les coups peut toujours en profiter pour reconstituer ses forces.

* L'offensive a pour avantage de donner l'initiative à celui qui la mène. Mais celui qui reste sur la défensive peut conserver ses forces intactes en résistant à son adversaire.

* Si vous avez la chance de tenir une position sûre, alors ne bougez pas tout de suite. Si le moral de vos troupes est élevé, dites-leur qu'elles auront bientôt à se battre. Sinon laissez-les se reposer jusqu'à ce qu'elles aient recouvré leurs forces.

* Plutôt que de tenter votre chance en lançant une bataille incertaine, attendez la bonne occasion.

* L'ennemi ne peut pas triompher indéfiniment comme il ne peut pas être incessamment sur ses gardes.

* Le général avisé ne se risque pas à engager aveuglément le combat lorsque les troupes adverses sont bien disciplinées, bien équipées et bien disposées. Il essaie de dominer les circonstances.

* Quand vous négociez avec un interlocuteur tranchant et agressif, qui cherche par tous les moyens à vous prouver sa supériorité, attendez calmement qu'il vienne à se fatiguer.

* A cette fin, exprimez-vous toujours avec calme et demeurez ferme tout en restant poli. Contournez ses exigences ou bien posez des conditions inacceptables et tenez-vous y. Gardez-vous toutefois de lui donner l'impression qu'il se heurte à un mur car il pourrait vouloir rompre la négociation.

* Après avoir procédé à diverses manoeuvres d'usure, exposez-lui ensuite votre point de vue et amenez-le doucement à la raison jusqu'à ce qu'il accepte vos conditions. Il finira par vous en savoir gré.

 

5 : Chen huo da jie : Mettre à sac la maison en feu.

Si l'ennemi doit faire face à une crise importante, il faut exploiter l'adversité qui le frappe en l'attaquant sans attendre. C'est ainsi que le fort triomphe du faible. Par ailleurs, il ne suffit pas de vaincre ; encore faut-il profiter de la victoire, c'est-à-dire tirer avantage des circonstances.

* Une situation quasiment gagnée doit être menée à son terme.

* Si l'ennemi vient de subir un échec imprévu, il faut immédiatement en tirer profit. Si la discorde est dans ses rangs, il faut l'attaquer avec détermination.

* S'il est vulnérable ou proche de rendre les armes, il faut précipiter sa défaite.

* Ainsi, il sera dans l'impossibilité de contre-attaquer avec succès.

* Car le tumulte s'installe dans une maison qui brûle. Les voleurs profitent de la situation et commencent à la piller quand les gardiens se battent pour éteindre l'incendie.

* Le général habile se met dans une position qui rend la défaite impossible. Il ne laisse pas échapper l'instant où il lui est loisible de remporter la victoire.

* Il agit quand la victoire est certaine et engage le combat quand l'ennemi est déjà perdu.

* Il se lance dans la bataille quand le général ennemi est inepte, quand les troupes adverses sont arrogantes, quand l'opinion ennemie est lasse de la corruption ambiante, quand l'ennemi exécute les innocents.

* C'est ainsi qu'il tient compte de la chance.

* Et c'est ainsi qu'il peut compter sur la chance.

* En temps de guerre la maison qui brûle est un Etat qui, souffrant d'une crise majeure, se trouve porté sur son déclin. En l'attaquant alors, on obtient de grands résultats avec de moindres efforts.

* Le stratège prévoyant oblige l'homme puissant qui se trouve en difficulté. Il pourra toujours lui rappeler ensuite sa bienveillance.

 

6 : Sheng dong ji xi : Faire du bruit à l'est et attaquer à l'ouest.

Faire des préparatifs à l'est, c'est faire croire à l'ennemi qu'on va l'attaquer à l'est. C'est donc le rendre vulnérable à l'ouest, là où l'on projette réellement de mener une action décisive.

* La plus puissante des armées aura toujours du mal à combattre sur deux fronts différents.

* Le bon général annonce l'attaque à l'est, mais la prépare à l'ouest. Ainsi, quand il manoeuvre ostensiblement à l'est, il lance l'assaut à l'ouest.

* Pour vaincre, détournez l'attention de votre adversaire. Si vous faites beaucoup de bruit, il vous sera plus facile de cacher vos intentions véritables.

* L'endroit où vous avez décidé d'attaquer doit rester secret : ainsi l'ennemi sera obligé de disperser ses forces.

* S'il renforce sa droite, il affaiblira sa gauche. S'il renforce sa gauche, il affaiblira sa droite. Dans tous les cas il utilisera ses forces en vue de se défendre, c'est-à-dire qu'il les neutralisera à votre avantage.

* Si vous arrivez à surprendre l'ennemi, vous prendrez sur lui un avantage inestimable.

* Par conséquent, attaquez-le au moment où il s'y attend le moins. Faites-lui comprendre que vous êtes sur la défensive mais préparez soigneusement votre offensive.

* Si l'ennemi est perspicace, il sait que vous allez probablement essayer de le jouer. Vous pouvez le déconcerter en attaquant tantôt sa droite, tantôt sa gauche. Vous pouvez aussi lui donner l'impression que vous allez attaquer et sa droite et sa gauche. Ou bien vous pouvez alterner les combats et les trêves jusqu'à ce qu'il ne sache plus où donner de la tête.

* Faites croire que vous êtes prêt à l'action alors que vous ne l'êtes pas, et inversement. Simulez une attaque imminente, mais gardez-vous de la lancer. Frappez avec soudaineté, mais retirez-vous avec célérité.

* Entamez une suite logique de manoeuvres, puis stoppez-la brusquement. Provoquez un événement et donnez à croire qu'il est le fruit du hasard. Enfin affichez des intentions pacifiques, mais soyez toujours prêt à vous battre.

* A partir de ce qu'il vous voit faire, l'ennemi en tirera des conclusions hâtives. Elles lui feront prendre des dispositions erronées et il vous sera alors aisé de l'attaquer avec succès.

* Faire du bruit à la guerre, c'est faire de fausses manoeuvres et répandre de fausses nouvelles. Face au général apparemment désordre et bruyant, l'ennemi ne sait plus ce qu'il lui faut défendre.

* Le stratège avisé manoeuvre le général adverse. Il l'induit en erreur et l'amène à agir contre son gré. Les sacrifices apparents qu'il consent ne sont que des leurres.

* Il ne le laisse pas prédire ce qu'il va faire. Il ne le laisse pas lire dans ses pensées.

* Avant de mettre en oeuvre un stratagème, il s'assure que l'ennemi manque de jugement.

 

23/01/2008

LES YEUX FERMES

 
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^^
 

22/12/2007

POUR NE JAMAIS RENONCER !

 
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POUR NE JAMAIS RENONCER :

Ben voilà... C'est enfin les vacances ! Youpi donc !
 
Mais votre Chéri d'Amour vous fait son gros coup de blues.
Marre de tout  et tous ! MARRE ! MARRE ! MARRE !
Le boulot.... Le militantisme.... Même de "non rien"....
Ne plus rien faire.... Tel un ours dans sa grotte.... hiberner....
 
PFFF....

Laissez-le cependant faire son grognon pendant 2 jours maximum.

Puis :

Allez sortir de la bibliothèque " Le Soldat Oublié " de Guy Sajer et laissez-le traîner sur la table basse du salon...

Ou proposez lui de revoir ensemble la Version longue de la Trilogie du Seigneur des Anneaux blottis sur le canapé...

Enfin, au premier tour en centre-ville, faites un crochet par l'église la plus proche pour aller ensemble vous agenouiller 5 minutes devant le Saint Sacrement...

Vous verrez : le dit Chéri s'en relèvera dans tous les cas comme grandi, le sourire retrouvé.

Et vous toujours aussi innocente...  ^^
 

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